A Noter : Certaines distilleries ou groupes ont disparu cette année des allées du salon, soit qu’elles ne souhaitent plus venir car elles ne se sentent pas soutenues, soit qu’elles soient en désaccord commercial, etc, difficile de savoir pour chacune d’entre elles, honnêtement, même si je suis au courant de certains problèmes délicats à évoquer ici, en tout cas, mais au final, entre autres, cette année, pas de GLENGOYNE, TAMDHU, TOMATIN, ni d’Ian MacLEOD (embouteilleur indépendant avec notamment la gamme « Chieftain’s », le single-malt tourbé anonyme « Smokehead » & assembleur via certaines marques d’assemblage comme « Isle of Skye », etc.). Et du côté des distilleries du monde, c’est la distillerie SPIRIT OF YORKSHIRE et leur excellente marque de single-malts Filey Bay qui en fait les frais, et je le regrette profondément…/Attention : Notes de dégustation sous réserve et sans notes chiffrée...lorsque je le pourrais, je reviendrais sur certains de ces whiskies plus précisément (l’ordre de dégustation a été parfois changé ici, pour plus de cohérence). Par ailleurs, j’ai finalement fait l’impasse sur certains whiskies dégustés lorsque les conditions ou la pertinence de citer ces marques était moindre (whiskies déjà dégustés auparavant avec datation impossible, etc...) :


-BLAIR ATHOL 12 ans « Flora & Fauna » (Bourbon casks), 43 % : Connaissant la réputation de la distillerie et ayant dégusté de belles versions de négoce, j’ai trouvé cette version un peu décevante, assez aseptisée et manquant de précision (hélas toute la gamme est filtrée à froid & colorée, ce qui est dommage).
-MANNOCHMORE 12 ans « Flora & Fauna » (Bourbon casks), 43 % : Distillat davantage perceptible, richement fruité (fruits du verger, agrumes), belle note modérement boisée et vanillée, épices douces. Presque plus intéressant que le joli Linkwood 12 ans testé dans la même gamme l’an dernier et cette année...

-MORTLACH 16 ans « Distiller’s Dram » (1st & 2nd fill Sherrycasks), 43,4 % : Dégusté dans de bien meilleures conditions que l’an dernier, il s’est révélé assez réussi, complexe, fruité et doux, faisant preuve d’un beau boisé, mais il est aussi cacaoté et lacté.
-MORTLACH 20 ans « Cowie Blue Seal » (Bourbon & Sherry casks), 43,4 % : Le boisé et le chocolaté se font plus intenses, plus profonds et, plus généralement, la complexité monte ici clairement d’un cran. C’est superbe, mais Diageo en demande plus de 350 €...

-ROSEISLE 12 ans/Special Release 2024 (First fill & refill ex-Bourbon casks), natural cask strength, 55,8 % : Première dégustation pour moi d’un whisky de cette gigantesque récente distillerie (2010) d’abord destinée à alimenter les blends du groupe (Johnnie Walker & J & B), elle présente ici une version assez boisée, et épicée en finale, plutôt bonne, mais sans surprises ni élément saillant.
-OBAN 10 ans/Special Release 2024 (finished in charred American oak barrels, seasoned Oloroso Sherry), natural cask strength, 58 % : Mon préféré des 3 « Special Releases » dégustés ce jour, un joli Oban, joliment boisé et vanillé, rehaussé d’un « filet » de sherry bien agréable et subtil.

-CAOL ILA 11 ans/Special Release 2024 /unpeated ? (« unusually unpeated, crafted with short fermentation & cloudy worts », finished in STR like ex-wine casks), natural cask strength, 57,3 % : Présenté comme non tourbé (mais il semble l’être un peu), expérimentant une fermentation courte et un moût trouble, il est clairement moins typique (pas sûr que j’aurais reconnu la distillerie à l’aveugle), et moins convaincant qu’un autre Special Release de 14 ans « unpeated » (celui de 2012), avec une texture dense, presque poussiéreuse, « funky », mais sans charme et sans les notes florales, herbacées, presque médicinales et tourbées qu’on apprécie chez Caol Ila.

-HAUTEFEUILLE « Le Bout de la Ville » (moisson 2019, mise en bouteille 2025), un single-malt utilisant des fûts de chêne neuf français toastés, des ex-fûts de Rhum HSE, et des fûts de Sherry et aussi de Rivesaltes (mis en bouteille à 46 %, ncf/nc) : Beaucoup de densité fruitée ici, des épices (un côté vin chaud du Nord aussi) et une belle complexité, une gourmandise confiturée…(Photo ci-dessous, avec Etienne Hautefeuille, le directeur de la distillerie).

VISITE de la Ferme-Distillerie artisanale HAUTEFEUILLE (France) le 16/05/2025

-ROZELLIEURES 8 ans « Triple Cask », très légèrement tourbé (6 ppm), vieilli en fûts de chêne français & américain, de fûts de vin français, 42 % : Christophe me dit qu’il s’agit d’une version plus âgée et complexe que celle nommée « Origine Collection ». Elle a en effet davantage de profondeur, toujours un aspect végétal et une belle intégration de note légèrement vineuses, sans excès. Doux.
-ROZELIEURES 10 ans « Double Oak », significativement tourbé (35 ppm), avec une maturation similaire au 8 ans, sauf les fûts de vins, et plus de la tourbe, il titre 46 %. Il fait montre d’une belle tourbe cendrée, avec de beaux boisés, caramel, vanille et céréales toastées au menu...L’on monte d’un cran.
-ROZELIEURES 18 ans « French Wine Cask », très légèrement tourbé (6 ppm), vieilli dans 3 fûts de vins différents (Condrieu, Sauternes et Pic-Cailloux), il titre à 53,2 % : D’emblée une immense concentration au nez (les notes soufrées se mêlent aux autres de manière très étroite, du coup c’est difficile de considérer cela comme un défaut), comme le fût de l’an dernier de 18 ans d’âge, mais en plus complexe, il dévoile au nez & en bouche un mélange de notes fruitées et charpentées (boisé tannique mais pas sec, épices variées), avec le sentiment de déguster une « liqueur épicée de fruits rouges mûrs » d’un côté, mais de l’autre, de manière plus inattendue, comme du bacon fumé dégusté devant un feu de cheminée, du chocolat noir caramélisé, arrosé d’une liqueur de café noir & moka improbable qui serait longtemps vieillie en fûts (là je pense que cela provient du fût de Sauternes), wow, c’est un véritable ovni que voilà (je n’ai jamais dégusté un tel whisky), superbe mais difficile à évaluer, spectaculaire et unique ! Il est vendu 290 €, ce qui est beaucoup, mais ce que l’on peut comprendre étant donné sa rareté. Un whisky déjà collector...

-ROZELIEURES/gamme « Le Parcellaire », « Rouge-Côte » (3 ans), 43 % : Au menu, céréales de petit-déjeuner, incluant fruits frais et secs, avec ce caractère linéaire et clair, presque fermier et funky, distillat en tête, de cette gamme qui fait sa réussite, aussi parce qu’encore une fois, l’intelligence de son producteur a été d’utiliser des fûts de chêne de 3 remplissages plutôt que des fûts très impactants comme des fûts de vin ou de spiritueux...

-ROZELIEURES/gamme « Single-Casks », « Marsala » (+ 3 ans), 46 % : Dense et chaleureux...
-ROZELIEURES/gamme « Cask Strength », « Bourbon cask » F 136 (2015-2024) tourbé (35 ppm), 53,8 % : Ah, tourbe & Bourbon, un cocktail qui fonctionne, avec un petit kick d’épices en plus (gingembre, poivres variés). J’aime assez cette gamme, dont notamment le regretté « Moscatel ».

Interview de Christophe Dupic (distillerie ROZELIEURES) au Salon Club-Expert Dugas 2025
-TE BHEAGH « Uisge Beatha Albannach » (Blended Whisky), 43 % : Il y avait longtemps que je n’avais pas dégusté les whiskies de cette société de négoce, et j’ai apprécié cette version à 43 % de ce blend, au lieu des 40 % habituels. Moins de sucres résiduels ressentis dans cette version légèrement tourbée.
-MacNaMara « Rum Cask finish » unchillfiltered (Blended Whisky), avec affinage en rhum de Guyane, âge environ 5-6 ans, 40 % : Un blend léger, fin, avec une pointe de banane mûre et de sucre demerara. Je regrette la coloration au caramel & les 40 % qui impactent le palais...
-MacNaMara « Madeira Cask finish » unchillfiltered (Blended Whisky), 40 % : Un peu plus expressif que le précédent, mais là encore dommage pour l’ « aseptisation » relative du whisky, je pense qu’il serait plutôt bon à 43 % au lieu de 40 % et sans filtration du tout...je sais, je sais.
-MacNaMara « Port Cask finish » unchillfiltered (Blended Whisky), 40 % : Un joli blend également, plus rond, avec une jolie rondeur...
Conclusion : Les 3 versions du MacNaMara sont assez similaires, mais j’ai une préférence pour le « Madeira », sans doute légèrement plus gourmand. Il ne manque pas grand-chose à ces whiskies pour être plus intéressants et « indispensables », à mon avis, quelques degrés et années de plus, sans doute, une filtration légère à température juste fraîche sûrement, et pas de coloration, je dis ça, je dis rien.

-WOLFBURN n.a.s. « Small Batch Release » N°458, élevé en une combinaison de fûts de Bourbon de premier remplissage non tourbés & de fûts de Sherry Butts de type P.X. (Pedro Ximenez) légèrement tourbés (« lightly peated »), 5100 bouteilles, mis en bouteille en 2022 à 46 % : Une version riche, délicate, complexe, avec des notes de fruits mûrs, des fruits secs, des épices douces, peut être du cuir, sur un lit de tourbe légère, avec une longue finale. Très recommandé.


-ARDNAMURCHAN « Sherry Cask Release », 2024 Release, élevé en fûts tourbés et non tourbés de Sherry de types Oloroso & P.X., 21000 bouteilles, 50 % : Une jolie version, que j’ai du mal à distinguer du premier lot, mais qui, à priori, m’a semblé un peu plus gourmande. Une belle salade de fruits rouges, très modérément tourbée.
-ARDNAMURCHAN « Madeira Cask Release », (2018) 2025 (2nd Release), élevé d’abord en fûts de Bourbon durant plus de 3 ans, puis affiné 2,5 ans en fûts de Madère, 52 % : Une version que j’attendais avec impatience, et je n’ai pas été déçu. Belle puissance aromatique provenant en partie de la deuxième maturation en fûts de Madère, des fruits mûrs et des végétaux, une pointe de tourbe et une présence épicée solide, mais pas écrasante...Le vrai Midgie, désolé, pour moi c’est celui là, avec son « Madeira bite ». Sur ma liste d’achats prioritaires !

-ARDNAMURCHAN « The Midgie », 2025 Release (Bourbon, Sherry, Porto casks), tourbé à 25 %, 48 % : J’avais modérément apprécié la première version, car je trouvais qu’elle partait un peu dans tous les sens au regard de sa composition (trop de fûts différents antagonistes : Madère, Bourbon, Sherry, Sauternes), avec une note presque artificielle (pastille de vitamines effervescentes à l’orange) qui m’a rappelé l’Indri « Trini » qui me pose problème justement à cause de cette note étrange...Ici, c’est bien plus cohérent à mon avis, même si le Porto apporte une douceur bienvenue, mais sans rapport avec le thème "midgie" (ce moustique féroce d'Ecosse). En tout cas une jolie version avec un caractère confituré autour des fruits rouges, de l’abricot, etc...
-ARDNAMURCHAN « AD/Cask Strength » 2025 Release (Bourbon & Sherry casks), peated, 57,5 % : Une version « heavily peated » pour moi, en tout cas en ressenti, toujours sur la corde raide (pour la version « AD/02.22 », il m’a fallu du temps avant de l’apprécier, plus précisément que la forte note de poivre noir diminue). Au premier abord, c’est un bon lot, à recommander aux « peatheads ».

-GLENALLACHIE 10 ans (02/2025), fûts de Bourbon, 46 % : Bam ! Incroyablement expressif (floral, fruité/fruits du verger, vanillé, légèrement herbacé), et pour moi la preuve par neuf (ou 10 en l’occurence, lol), que les versions officielles de la distillerie sont à côté de la plaque, en général (désolé Billy-je vise surtout ce qui a été distillé et vieilli avant votre arrivée, mais vous êtes tout de même responsable des mises en bouteille récentes), car trop axées sur la « technologie du bois », avec un traitement lourd préjudiciable à la préservation du distillat, d’origine, notamment à cause de l’usage peu modéré du fûts neuf (« virgin oak »), des fûts de vin sec ou de vin mûté puissants, la mode chez nombre de distilleries de nos jours hélas...Bref, un superbe whisky que sort CADENHEAD cette année et qui part directement en « buylist » !

-MACDUFF 13 ans (2025), fûts de Bourbon, 46 % : Excellent également, proche du premier...
-GLENLOSSIE 12 ans (2025 ?-mais déjà référencé sur WB en 2022?), fûts de Bourbon, 46 % : On reste presque sur la même veine, avec peut être davantage de boisé, mais très joli.
-GLEN ELGIN 13 ans (2025 ?- mais déjà référencé sur leur site en 2023), fûts de Bourbon, puis finition Manzanilla (1,5 ans), 46 % : Un peu déconcertant avec ce finish, mais de qualité...
-TAMDHU 15 ans (2025 ?- mais déjà référencé sur leur site en 2023) élevé d’abord en fûts de Bourbon, puis transféré en fûts de Sherry Oloroso pour plus d’un an, avant de revenir dans des fûts de Bourbon, 46 % : L’on retrouve la finesse typique du style TAMDHU officiel, mais en bouche, c’est peut être un peu trop « monocolor », avec cette note de chocolat noir & d’ovomaltine, des tannins fondus et surtout cela manque un peu de corps à mon avis pour être excellent, mais c’est intéressant...et puis, les TAMDHU de négoce se font rares ces derniers temps !

-BLAIR ATHOL 14 ans (2025 ?- mais déjà référencé sur leur site en 2023), Bourbon & refill Oloroso finish casks, 46 % : Un joli Speyside, avec un côté traditionnel Sherry (assez oxydatif, un rien doux & aigre) qui est plaisant, mais peut être pas indispensable, mais, ceci étant dit, plus convaincant que la version officielle « Flora & Fauna » 12 ans dégustée dans ce même salon.
-LEDAIG (Tobermory distillery/peated brand) 14 ans (2025), fûts de Bourbon, 46 % : Wow ! Splendide version bien tourbée et complexe, équilibrée, très généreuse (vanille, tourbe grasse, agrumes, épices douces), sur la liste d’achats directement aussi !
-KILKERRAN (Glengyle distillery) 13 ans (2011, sortie 2025), assemblage de fûts de Bourbon et de Porto Ruby, 46 % : Une recette surprenante, avec cet apport de Porto qui modère la tourbe, et apporte plus de fruité confituré, mais, même si ce n’est qu’une première impression, semble une réussite...
-« ENIGMA » 16 yo « Speyside » (possible Glenfarclas?), 2008, sorti en 2025, finition Pineau des Charentes blanc, 51,9 % : Peut être encore plus déconcertant que le whisky précédent, mais en soi, un joli whisky floral & fruité. Il faudrait le re-déguster plus amplement pour en dire davantage ici.
-« ENIGMA » 10 yo « Single-Malt Irish Whiskey», 2025, fûts de Bourbon, 44,3 % : L’un des plus beaux whiskies de cette session Cadenhead...Tandis que je croyais avoir affaire à un Bushmills, avec ce fruité exotique exubérant (la mangue en tête), l’on me chuchote à l’oreille que ce serait un Cooley (non tourbé, donc la version Tyrconnell, pas la Connemara). Fortement recommandé !

-SPRINGBANK 10 ans (mis en bouteille du 26/11/2024), vieilli à 60 % en fûts de Bourbon & à 40 % en fûts de Sherry, 46 % : Encore un superbe lot, sur cette version les variations de lot sont assez mineures ces dernières années, mais elles le furent davantage avant (voir ma vidéo sur ma chaîne Youtube avec 5 différents lots chroniqués). Boisé fin, tourbe subtile avec « funk », épices douces, trait de vanille et de cuir, bref, efficace ! Je recommande, bien sûr !
-SPRINGBANK 15 ans (mis en bouteille du 07/02/2025), vieilli à 100 % en Sherry casks, 46 % : Une version typiquement plus boisée & tannique que le 10 ans, mais aussi davantage marquée par le vieux cuir (fauteuil), le chocolat noir, une tourbe fine et moins grasse, des épices douces. La classe !

-KILKERRAN 12 ans, mis en bouteille le 20/03/2025, 46 % : Une version bien plus légère (presque « mince »?) que celle que j’ai à la maison (de 2016), je suis assez réservé, il faudrait le regoûter...
-KILKERRAN 8 ans « Bourbon Cask Matured » (brut de fût), mis en bouteille en Février 2025, assez tourbé, 55,6 % : Superbe, comme souvent, belle harmonie de notes boisées, vanillées, un rien citronnées, avec des épices modérées et une belle tourbe grasse.

-KILKERRAN n.a.s. « Heavily Peated » (mis en bouteille en Février 2025/Batch 12), très tourbé, élevé à 90 % en fûts de Bourbon et 10 % en fûts de Sherry, 58,4 % : Mélanie, ambassadrice bilingue français/anglais et « pilier » de ce salon depuis longtemps nous propose une belle comparaison entre 2 lots de 2 années qui se suivent, c’est top. Ils sont très proches et apparaissent moins jeunes (et turbulents!) que les années précédentes, j’accroche beaucoup plus sur les 2 versions (sans doute car ils semblent contenir certains fûts plus âgés?). C’est celui-ci que je préfère au 2024, il est un rien moins épicé et sec, et plus gourmand sur la tourbe grasse et la vanille/agrumes...
-KILKERRAN n.a.s. « Heavily Peated » (mis en bouteille en Sept. 2024/Batch 11), très tourbé, élevé à 90 % en fûts de Bourbon et 10 % en fûts de Sherry, 57,9 % : Une belle version, avec un profil général similaire, mais un peu plus sèche que la 2025.

-LOCHLEA « Fallow Edition » (Third Crop), 2025 (4 à 5 ans), petit lot d’environ 30 fûts de Xérès de type Oloroso de premier remplissage & de grande capacité (1st fill Oloroso Sherry butts), 9000 bouteilles, 46 % : J’ai toujours du mal à trouver le style de la distillerie depuis le début, pour être honnête, et ici nous avons un impact puissant des fûts de Sherry, mais le résultat est assez réussi, riche, avec des fruits confits, des figues & pruneaux, des mûres, du chocolat noir...Recommandé !

-LOCHLEA 6 ans d’âge (2018-2024), Small Batch (petit lot) de 6 fûts (3 de Sherry de type Oloroso de premier remplissage & 3 de Bourbon de premier remplissage), 50 % : Plus complexe que le précédent, ou plutôt moins monolithique sur le profil, bon, mais moins gourmand aussi. Bien !

-LOCHLEA « Ploughing Edition » (tourbé), 2025 (4 à 5 ans), vieilli en fûts de Bourbon de petite taille provenant de chez Laphroaig (« Quarter Casks »), 46 % : Une version tourbée indirectement (donc par les fûts utilisés, non par le malt tourbé par la distillerie) que j’avais bien apprécié, mais dans le fil de la dégustation du salon, il est apparu un peu trop simpliste et la tourbe cendrée écrasait un peu tout le reste, mais attention ce n’est pas un mauvais whisky.
-BOWMORE 12 ans « Sherry Oak Cask » 2025, (élevage en fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry Oloroso à nouveau), 40 % : Retour à des notes florales plus présentes dans le Sherry (violette, lilas), mais modérées. Le fruité (fruits rouges) est également plus présent, avec une touche chocolatée, se rapprochant de l’ancien 15 ans « Darkest » d’il y a plus de 5 ans, mais sans les touches anisées du 15 ans « Mariner », pour ceux qui l’ont connu...Très joli, même à 40 %, filtré à froid et coloré. Je le recommande (prix environ 70 €).
-BOWMORE 15 ans « Sherry Oak Cask », 2025, (fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry Oloroso à nouveau), 43 % : Oh, ça change un peu (et on va pas se mentir, les 3 % de plus aident), tout en gardant un beau floral & fruité, car une note de bourgeon de cassis nous emmène quelque peu sur le territoire des Single Pot Still irlandais. Un single malt épatant et impressionnant, d'une belle gourmandise & complexité à la fois ! Les fûts de Sherry utilisés ici sont de toute évidence de grande qualité. Pour ceux qui peuvent, je le recommande aussi, même à environ 150 €.
-BOWMORE 18 ans « Sherry Oak Cask », 2025, (fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry de type P.X.), 43 % : L’on est un cran encore au dessus, avec une profondeur des saveurs plus grande encore, il est splendide ! Son prix annoncé en France est élevé (environ 210 €, à vérifier), mais pourrait sans doute être justifié par l’emploi de fûts européens de Sherry de tout premier ordre ici (et qui coûtent très cher !).

-BOWMORE 21 ans « Sherry Oak Cask », 2025, (fûts de Bourbon & de Sherry Oloroso, puis affinage en fûts de Sherry de type P.X. de premier remplissage), réduit à 46,8 % : Une version différente, avec un rien de bois brûlé, de miel (ou cire?) et de mûres, notamment...A plus de 450 € environ, ce n’est pas donné pour la plupart d’entre nous, mais il est superbe. Cependant, de mon point de vue, le 18 ans est sans doute un meilleur rapport qualité/prix pour cette nouvelle gamme...

Petit APARTE sur la distillerie BOWMORE : J’entends beaucoup de choses négatives sur les BOWMORE officiels, et, même si je suis d’accord sur le regret, comme pour d’autres distilleries, d’avoir une gamme régulière avec ajout de colorant E150a & filtrée à froid et qui « ne représenterait pas le style de la distillerie », disent ils, je dois dire que je m’inscris en faux sur ce dernier point. Même l’entrée de gamme sans compte d’âge nommée « Legend » voit de bien meilleurs lots sortir ces dernières années que dans les années 2010-2020, par exemple, idem pour le 12 ans d’âge, en tout cas, c'est mon avis (et personne ne me paie pour le dire). Beaucoup de charme marin, floral, fruité, chocolaté et cette tourbe subtile avec accent de badiane que l’on apprécie chez Bowmore, mais voilà, souvent la jeune génération manque de comparaisons avec des lots plus anciens (j’ai consacré plus de 3 vidéos à Bowmore, donc je ne détaillerais pas plus de choses ici). Disons aussi que j’en ai plus qu’assez d’entendre aussi ce refrain insultant (sexiste) et dégradant envers la distillerie mais aussi "nos dames" au sujet des lots de Bowmore des années 1980 avec un profil floral exubérant marqué par la violette, lots qualifiés comme étant marqués par un parfum de « F.W.P. » que je n’ose même pas traduire ici...(de plus la note de violette incriminée est présente chez Bowmore dans d’autres décennies également, certes moins puissante...j'en ai déjà parlé). Merci à l’avenir d’exprimer cela autrement !

J’avais déjà dégusté 2 versions du « Flatnose », dont le Rum barrel (43%) qui est sympa, puis les suivants (tous sont embouteillés sans filtration à froid et en petits lots = Small Batch) :
-PICTI TRIBE (Speyside Single-Malt), non tourbé, 46 % : Léger & équilibré.
-PICTI COAST (Islands Single-Malt), non tourbé (?), 46 % : Modérément maritime, pointe de fumée légère...difficile d’en dire plus sans le tester de nouveau, comme le précédent...
-BARELEGS (Islay Single-Malt), de 5 ans, « Peated & Crisp, with a subtle sweetness », tourbé, 46 % : Mon préféré des 6 dégustés au salon, tourbe légère presque crémeuse, vanille, agrumes.
-BARELEGS/BATTLEAXE (Islay Single-Malt) de 5 ans, « Big & Bold for the Brave », tourbé, 55,7 % : Un whisky avec du caractère, mais qui demeure léger et avec une tourbe modérée (ne cherchez pas d’Octomore bis, ici).


-The IRISHMAN 17 ans (Irish Single-Malt), 2024 ?, vieille en fûts de Xérès (Sherry butts), 54 % : Très délicat, très fondu, avec un fruité délicat...Difficile d’en dire plus ici...
-The IRISHMAN « Cask Strength » (Irish Whiskey), 2022, Limited Edition Release (4900 bouteilles), orge maltée & non maltée (triple-distillation), vieilli en fûts de Bourbon, 54 % : Une version que j’ai souvent trouvée intéressante par son fondu fruité/floral/boisé avec une pointe d’épices. Vendu souvent au dessus de 100-110 €.

-WRITERS'S TEARS (Irish Whiskey) « Red Head », Chapter 02, vieilli en fûts de Xérès (Spanish Oloroso Sherry Butts), 45 % : Une belle version non filtrée à froid, avec un xérès crémeux et de belles notes noisettées & modérément épicées. Vendu un peu plus de 80 €.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Inniskillin Ice Wine Cask », Chapter 06 (Cask 2013), combinaison de single malt & de single pot still, vieilli en fûts de Bourbon, puis affiné 12 mois en fûts de vin de glace, 600 bouteilles, ncf, 46 % : Une version gourmande, avec des fruits du verger, mais aussi des fruits exotiques, caramel et boisé de qualité. Vendu un peu plus de 80 €.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Japanese Cask finish » (Single Pot Still & Single Malt), Chapter 06, vieilli en fûts de Bourbon de premier remplissage, puis affiné en fûts de chêne japonais Mizunara, 600 bouteilles, ncf, 55 % : Une version que l’on pourrait renommer « 50 nuances de boisé & d’épices orientales »...Joli ! Vendu un peu plus de 100 €.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Distiller’s Edition » (40ème anniversaire de Dugas/Private bottling), de 5 à 7 ans, vieilli en fûts de Bourbon, 46 % : Une version liquide de la tarte tatin, en quelque sorte, avec quelques épices en plus.
-WRITER'S TEARS (Irish Whiskey) « Cask Strength », 2017, fûts de Bourbon, 5280 bouteilles, 53 % : Comme un cake aux agrumes et au chocolat noir...surmonté de quelques épices. Autour de 150 €...

-H & H « Verdelho » 5 ans (Single Vineyard = monocépage), 19 % : Vin blanc demi-sec et fruité, modérément oxydatif, bien moins que ce que j’ai pu déguster avant (50 ou 75 g de sucre/litre). Joli.
-H & H « Sercial » 10 ans (idem), medium dry, 20 % : Plus fruité & très rond, sucrosité modérée (55 g/l), je commence à comprendre pourquoi l’on peut apprécier un Madère.
-H & H « Verdelho » millésime « 2007 » (7 ans), 19 % : Une belle rondeur, avec une belle sucrosité, sans excès, j’aime.
-H & H « Boal » 10 ans (idem), 20 % : Plus complexe, comme un cake liquide avec des fruits secs, et de la cerise...Très sympa (90 g/l).
-H & H « Malvoisie » 15 ans (idem), 20 % : Le fruité devient compoté et un rien épicé.
-H & H « Tinta Negra » millésimé « 1995 » de 30 ans (idem), 18,8 % : Très riche & complexe, entre fruité concentré, boisé noble, d’une belle profondeur et longueur. L’âge conséquent le fait rentrer dans une autre dimension...(100 g/l).
-H & H « Tinta Negra » (Single Harvest) millésimé « 1998 » (Medium rich) de 18 ans (idem), 19 % : Superbe, fruité, miellé, délicatement épicé, c’est un régal.

-HSE mis en bouteille pour « La Confrérie du Rhum », Cuvée N°22 (millésimes 2016 & 2017, mise de Mars 2024), rhum extra vieux élevé en fûts de chêne blanc américain avec diverses chauffes, brut de fût, 48,2 % : Peut être le plus beau du stand, une sélection exceptionnelle...C’est beau, complexe, gourmand, classe…A noter que ce flacon, contrairement à d’autres éditions limitées ici, est vendu en flacon de 70 cl, pour environ 90 €. Chaudement recommandé, mais svp, laissez m’en une pour moi !

-HSE millésimé « 2016 » (mis en bouteille en Juin 2024/étiquette blanche), Château La Tour Blanche cask finish, vieilli en fûts de Sauternes, 4100 bouteilles, 50 cl, 41 % : Que dire sinon que cela fonctionne mieux que nombre de whiskies en affinage ou élevage intégral en Sauternes ? Ben, oui…

-HSE millésimé « 2006 » (mis en bouteille en Octobre 2022/étiquette bleu-grise et blanche), « Grand Millésime Single-Cask », vieilli en fûts de chêne français de 400 litres, 1000 bouteilles, 50 cl, 47,8 % : Un 15 ans d’âge davantage sur des notes de solvant, puis de cacao, entre autres…
-HSE millésimé « 2014 » (mis en bouteille en 2023/étiquette blanche x2), « Château Marquis de Terme » (Margaux), vieilli en fûts de chêne français, puis affiné dans des fûts de vin de Bordeaux du Château Margaux, 4100 bouteilles, 50 cl, 48 % : Un joli fruité gouleyant, plutôt mûr, et puis peut être plus de bois, mais c’est superbe.
-HSE millésimé « 2014 » (mis en bouteille en 2021/étiquette rouge & blanche), « Extra Vieux Small Cask », vieilli en petits fûts de chêne de 55 litres (SC/1712 et SC/1911), 1000 bouteilles, 50 cl, 46 % : Un pain d’épices liquide avec des cerises confites! Miam…

Reportage sur la MASTERCLASS « BRUICHLADDICH » ayant eu lieu
chez VIN & WHISKY le 29/10/2014 à Paris:
Mise à jour le : 10/11/2014
(A NOTER : Vous trouverez le reportage sur le WHISKY LIVE PARIS 2014 après celui-ci, merci !)
Toutes photos : © Grégoire Sarafian, droits réservés, merci.
Le 29 octobre dernier, une « Masterclass » (ou leçon de dégustation par un professionnel, littéralement « cours de maître ») concernant la distillerie BRUICHLADDICH et ses différentes marques (OCTOMORE, PORT CHARLOTTE, etc…) avait lieu dans cette excellent cave à vins et spiritueux (et bar) nommée « VIN & WHISKY » dont j’ai déjà parlé ici (et recommandé la visite) donc je n’y reviens pas. La dégustation était conduite par le dynamique et « very Scottish » Donald MacKenzie, ambassadeur de la marque (mais aussi de toutes les marques de whisky du groupe) pour la maison Dugas. N’ayant pu déguster que deux nouveautés brièvement dans de récents salons, le stand BRUICHLADDICH étant souvent difficile à atteindre en raison de son succès, l’occasion était trop belle d’une « remise à niveau » sur une bonne partie des références de la gamme. 6 single malts étaient en dégustation, précédés d’un gin également élaboré par la distillerie, et accompagnés de petits canapés, comme à l’accoutumée. Dégustation payante mais à prix plutôt raisonnable (10 €). Donald, avec son verbe toujours haut, son kilt et son humour dévastateur, dirigea de main de maître cette masterclass, qui culmina avec l’avant dernière édition de l’OCTOMORE, un malt très tourbé mais qui ne le paraît pas autant, grâce à une astuce (voir plus bas, information exclusive et inédite de Gregs Whisky Guide à ce sujet !).

Brève présentation de la distillerie BRUICHLADDICH :
Je reviendrais bientôt plus longuement sur l’histoire et la présentation générale de la distillerie BRUICHLADDICH, disons pour résumer qu’il s’agit d’une distillerie écossaise de whisky dont l’histoire remonte à 1881, qu’elle est située sur l’île d’Islay (au centre et à l’Ouest), qu’elle a été en sommeil de nombreuses années, qu’elle était plus connue avant les années 2000 pour son utilisation par les blenders (assembleurs de whiskies), qu’elle fut mise en sommeil plusieurs fois dont la dernière en date fut 1994, et qu’après des tractations compliquées, elle fut rachetée en 2000 par plusieurs personnes, dont Mark Reynier (d’origine à demi-française), plus connu dans le monde du vin, et propriétaire de nombreux fûts de vins (qu’il utilisera dans un premier temps abondamment pour réaliser des affinages), mais aussi de la société de négoce de whiskies Murray McDavid. Les premières distillations du « nouveau » BRUICHLADDICH auront lieu en 2001. Elle produit le single-malt BRUICHLADDICH, mais aussi deux versions tourbées portant le nom d’anciennes distilleries de l’île nommées PORT CHARLOTTE et OCTOMORE. La distillerie appartient depuis 2012 au groupe français Rémy Cointreau. Ajoutons que c’est Jim McEwan, qui, jusqu’à il y a peu, était chargé de la distillation, avec une part expérimentale unique sur l’île et rare en Ecosse (plusieurs types et nombres de distillation, jusqu’à 4, maltage tourbé jusqu’à plus de 200 p.p.m. et production d’un whisky à plus de 90 %, ce qui normalement n’est pas d’usage, etc…). Enfin, il s’agit d’une distillerie artisanale (employant près de 50 personnes, plus qu’aucune autre distillerie sur l’île, et plus que la plupart des distilleries écossaises), utilisant jusqu’à 12 types différentes d’orge, recyclant ses eaux chaudes et utilisant des procédés anaérobies pour transformer les déchets en gaz méthane, bref, une distillerie « verte », écolo-compatible.
1/ GIN « The BOTANIST (Islay Dry Gin) », BRUICHLADDICH Distillery, non chill-filtered (non filtré à froid), 46 % : Quasiment « bio », et « local », car élaboré à partir de 22 ingrédients (plantes, herbes et céréales) provenant de l’île d’Islay, « The BOTANIST » est un gin léger, très pur, bien parfumé, avec ses notes de coriandre, de genièvre, d’agrumes et de plantes aromatiques. –P.V.C. (Prix de vente conseillé/cavistes dépositaires maison Dugas) 38-41 €. Pas de notes chiffrées, mais recommandé.

LES WHISKIES (Tous des SINGLE MALTS, non filtrés à froid, non colorés) :
2/ BRUICHLADDICH : « The CLASSIC LADDIE (Scottish Barley) » n.a.s. (no age statement = pas d’âge annoncé-env. 6 ans), Unpeated (non tourbé), 1st Fill Bourbon barrels (fûts de premier remplissage, ayant contenu auparavant du Bourbon), réduit à 50 % :
Elaboré avec de l’orge écossaise (ce qui me permet de préciser que durant longtemps, et encore maintenant mais de manière pas toujours avouée, l’orge utilisée pour élaborer du whisky écossais n’a pas toujours été écossaise, mais provenait parfois des pays de l’Est, du Danemark, de la France, etc…c’est encore (un peu) vrai aujourd’hui. La mention néanmoins de « Scottish Barley » est suffisamment explicite pour donner au consommateur la garantie que le whisky en question est « plus local » que d’autres. De couleur or clair, cette version est marquée au nez par des notes beurrées, vanillées, fermières (étable), pas forcément agréables, plus une petite note de réglisse. Il est plus intéressant en bouche : Assez fin, le palais est marque par l’orge, par les épices (du poivre picotant un peu les papilles), une légère note de caramel au beurre salé, des agrumes en arrière-plan. Il est long et puissant (les 50 % aident), et bénéficie clairement de quelques gouttes d’eau, qui donne un joli fondu des saveurs. Un malt pas inintéressant, mais un peu frustrant. P.V.C./D. (prix de vente conseillé, chez les cavistes dépositaires des produits Dugas) : 49-53 € -Note sous réserve estimée à : 84/100

3/ BRUICHLADDICH : « ISLAY BARLEY (Rockside Farm) », millésimé 2007, n.a.s. (env. 6 ans), Unpeated, Refill Bourbon barrels (fûts de plusieurs remplissages, ayant contenu auparavant du Bourbon), réduit à 50 % :
Elaboré avec de l’orge écossaise provenant d’une des fermes avec laquelle la distillerie collabore depuis quelques années (ce qui rend ici la notion de « terroir » plus valable), cette version est un peu différente de la précédente. De couleur or, son nez est davantage fondu et séduisant (fleurs capiteuses), et présente de jolies notes d’orge, avec la perception d’une belle sucrosité naturelle de la céréale. En bouche, c’est assez fin, sec, vif, épicé, minéral, herbacé, avec peut être quelques notes marines (coquillages/embruns), des fleurs capiteuses, du caramel au beurre salé (mais cela demeure léger), des épices (encore le poivre, noir et gris ici) apportant un côté réchauffant au palais, donnant une finale relativement longue. Avec un peu d’eau (légère dilution recommandée), il perdu un peu en intensité, mais demeure assez sec, vif, herbacé, un peu austère encore. Un joli BRUICHLADDICH, mais assez vif. P.V.C. : 56-60 € -Note sous réserve estimée à : 89/100

4/ BRUICHLADDICH : « The LADDIE SIXTEEN », (présenté comme un 16 ans d’âge, il aurait en réalité près de 20 ans*), Unpeated, 1st Fill Bourbon barrels (fûts de premier remplissage, ayant contenu auparavant du Bourbon), réduit à 50 % : *A Noter : Ce whisky étant âgé de plus de 14 ans, il s’agit d’un assemblage de fûts antérieurs à la reprise de la production par les producteurs actuels. De couleur vieil or, il présente un nez de fleurs capiteuses, de fruits frais et mûrs variés (fruits jaunes, fruits rouges), légèrement épicé et herbacé. Un nez dominé par les fruits, et ce, agréablement. En bouche, il est assez fin, marqué par un joli fruité d’une grande complexité (agrumes & autres fruits jaunes, fruits rouges, fraise, cassis, mûres, etc…), presque des notes de thé à l’orange, de chocolat, marié à un boisé lui aussi d’une grande finesse. Les épices ne sont pas loin derrière, ainsi que quelques herbes sèches. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau un beau fondu se révèle, mais trop d’eau le déséquilibre. Contentez vous de quelques gouttes d’eau la plus neutre possible. Conclusion : Un des plus beaux BRUICHLADDICH sur le marché, de l’ancienne production, certes (encore que certains pourraient dire que "c'était meilleur avant" là aussi), mais issu d’une belle sélection. Chaudement recommandé. D’autres notes de dégustation à venir. P.V.C. : 86-93 €-Note sous réserve (à confirmer sous peu) : 91,5/100

5/ PORT CHARLOTTE (Bruichladdich Distillery*) : « SCOTTISH BARLEY (Heavily Peated) », 40 p.p.m, n.a.s. (env. 6 ans), Juin 2014, réduit à 50 % : *A Noter : PORT CHARLOTTE est une ancienne distillerie ayant été opérationnelle entre 1829 et 1929, un projet de remise de reconstruction est annoncé depuis de nombreuses années, mais sans succès pour le moment, aussi cette version « lourdement tourbée » (en général environ 40 p.p.m) du distillat de BRUICHLADDICH, est produite sur le même site que la distillerie mère (BRUICHLADDICH), mais vieillie dans des chais traditionnels (de type "dunnage", en terre battue, avec peu d'étages de fûts) situés dans le village de PORT CHARLOTTE, tandis que la majorité des fûts de BRUICHLADDICH sont vieillis dans des chais modernes, palletisés (ce qui conserve davantage le degré d'alcool et limite la part des anges mais a tendance à rendre le distillat plus agressif, plus vif à mon avis. D'ou cette chance pour la version PORT CHARLOTTE d'avoir les meilleures conditions possibles pour s'épanouir...
De couleur or. Au nez, il est semble intensément tourbé (tourbe grasse), mais en réalité cette tourbe a de la profondeur, et il est également marqué par des fleurs, des agrumes et au second plan par quelques fruits exotiques. Mais surtout il est très équilibré et d’un charme fou, très pur, très net. Donald parle alors d’un whisky « horizontal », de par cette netteté. En bouche, c’est impressionnant d’équilibre et de sérénité. La tourbe est grasse et la fumée pas si intense que cela est habilement mariée avec un fruité complexe, reprenant les notes du nez, avec un très belle note de badiane (anis étoilé) mariée à de la frangipane (et presque de la guimauve) qui porte le tout vers un beau sommet gustatif, encore rehaussé par un trait d’eau fraîche qui ajoute une certaine rondeur et de l’élégance dans la tourbe. Conclusion : Beaucoup d’harmonie dans cette version qui pour moi bat à plate couture nombre d’Islay plus âgés (vous avez dit LAPHROAIG ?, oui, par exemple, sauf certaines sublimes versions de négoce), notamment en version officielle. Splendide et plus direct que la version « ISLAY BARLEY ». Un des plus beaux whiskies écossais de cette année à mon avis. P.V.C. : 54-58 € -Note confirmée par plusieurs dégustations : 93,5/100

6/ PORT CHARLOTTE (Bruichladdich Distillery) : « ISLAY BARLEY (Heavily Peated) », 40 p.p.m, n.a.s. (env. 6 ans), 2014, réduit à 50 % : De couleur or, son nez est un peu différent du « SCOTTISH BARLEY ». Plus fin, il est aussi moins direct, porté par une tourbe plus cendrée que grasse, par des notes d’agrumes, voire de fruits exotiques en arrière-plan. Son profil semble plus boisé également.En bouche, la différence s’accentue : Plus de cendres en effet que de tourbe grasse, une note de bois mouillé (un peu comme chez LAPHROAIG parfois) qui est moins à mon goût, plus de chêne tout court, et un fruité moins prononcé, semble t’il. Attention, une éventuelle dilution par le consommateur est ici plus délicate, le whisky devenant un peu cartonneux, aussi se contenter de quelques gouttes d’eau. Néanmoins un whisky très fin et élégant, recommandé. A ré-essayer sans doute. P.V.C. : 61-66 € -Note sous réserve estimée à : 91,5/100

7/ OCTOMORE (Bruichladdich Distillery) : « SCOTTISH BARLEY (Super Heavily Peated) », dit « 6.1 », 167 p.p.m, n.a.s. (env. 5 ans), Edition limitée, 2013, bouteille opaque noire, légèrement réduit à 61 % : A Noter : Il ne s’agit pas de la dernière version en date, mais de l’avant-dernière, car il y a eu également cette année une version dite « 6.3 », « ISLAY BARLEY », tourbée à 258 p.p.m. et titrant 64 % (à la bouteille transparente cette fois, comme pour le « COMUS », dit « 4.2 »). De couleur or, elle est intense au nez mais respirable (en faisant attention), très fine, marquée par l’orge (très pure), bien sûr les phénols (la tourbe autrement dit, et la fumée qui en découle, ici quelque peu cendrée, mais ce n’est pas un terme péjoratif), et quelques agrumes derrière, discrets. Superbe, il laisse augurer de belles choses, pour ceux évidemment qui n’ont rien contre la tourbe et qui ont l’habitude de ce titrage élevé. En bouche c’est splendide, comme souvent avec cette gamme spéciale, avec presque comme une note de café mêlée à la cendre. Mais c’est plus facile d’accès avec un peu d’eau. Avec de l’eau, c’est un véritable festival de tourbe, d’agrumes, de badiane et d’épices (modérées) et d’un peu de cacao (et quelques plantes aromatiques peut être ?) qui s’en suit, et c’est très facilement buvable, plus qu’on ne le croît. Pourquoi ?
Exclusif : J’en viens à mon « scoop », en exclusivité mondiale semble t’il, puisque je ne l’ai lu nulle part (même pas chez Serge) et cela semble un secret bien gardé…pourtant je l’ai su de source proche de la distillerie ! Si OCTOMORE est si facile à boire (enfin, tout demeure relatif, hein, pas de bêtises !), si son taux de tourbe « super élevé » donne en bouche une sensation moindre que celle d’un ARDBEG « TEN » (à 54 p.p.m.) ou d’un « SUPERNOVA » (à environ 140 p.p.m. pour l'édition 2010 testée), c’est outre des différences classiques (distillat, bois, chais, etc…), et certes que les alambics de BRUICHLADDICH sont assez hauts (enfin moins que ceux de GLENMORANGIE quand même !), mais surtout le fait qu’OCTOMORE est tout simplement distillé trois fois au lieu de deux ! Ce que j’avais deviné par intuition il y a quelques années m’a été confirmé il y a deux ans environ lors d’un salon…Ce petit "subterfuge" (si j'ose dire) permet donc à la distillerie de médiatiser un taux de tourbe très élevé et un profil de whisky en théorie « imbuvable », mais sans en avoir les inconvénients probables (sans doute une âcreté trop grande...). Voilà, vous savez tout !
Conclusion: Encore une sublime édition d’OCTOMORE, que je recommande chaudement, par contre c’est de plus en plus cher, clairement (édition limitée en général à environ 15000/18000 bouteilles). Prix estimé à 160/190 € à sa sortie, davantage depuis...: -Note sous réserve estimée à : 96/100

Reportage sur la dégustation INVER HOUSE Distillers chez VIN & WHISKY
le 24/09/2015 :
Mise à jour du : 02/10/2015
Le 24 Septembre, une dégustation concernant certaines distilleries écossaises du groupe Inver House Distillers (ANCNOC, BALBLAIR, OLD PULTENEY) avait lieu dans l’excellente cave à vins et spiritueux (et bar à vins et à whiskies) nommée « VIN & WHISKY » que les lecteurs de mon site connaissent bien (pour les autres, voir coordonnées ici: Vin et Whiskies
La dégustation était conduite par le fort sympathique et jeune Tim WADE, ambassadeur de la marque BALBLAIR (mais aussi accessoirement des autres distilleries du groupe), des marques distribuées par La Maison du Whisky. La distillerie KNOCKDHU produisant les single malts ANCNOC n’étant pas toujours présente dans les salons français, il était d’autant plus intéressant de déguster une de leurs nouveautés (pour certaines autres références, voir le reportage sur le Whisky Live Paris 2015, à venir sous peu). Quant à BALBLAIR et OLD PULTENEY, deux distilleries également des Highlands, j’ai eu régulièrement l’occasion de déguster leurs whiskies et j’apprécie leur politique récente de titrage à 46 %, voire parfois de non coloration et de non filtrage à froid. Pas moins de 8 whiskies (et encore, avec le distillat pur, n’ayant pas encore droit à l’appellation whisky, cela faisait 9) étaient en dégustation, une dégustation, à souligner, entièrement gratuite, toujours avec l’accueil chaleureux et discret des maîtres de la maison, Michèle et Charles Claudel. La convivialité est souvent de mise dans ce lieu, propice à conversations transversales, à rencontres, et aussi à une proximité précieuse avec l’invité professionnel lors de la dégustation, ce qui n’est pas toujours possible dans des salons, par exemple.

Tim, le symathique ambassadeur des marques du groupe, chez Vin et Whiskies, une adresse qui marche !
Photo © Grégoire Sarafian
Avertissement : S’agissant de ma première dégustation publique en phase de récupération de mes capacités olfactives et gustatives après une anosmie partielle, les notes de dégustation sont à prendre avec une réserve plus grande qu’à l’accoutumée, encore que j’ai pu reconnaître le statut de distillat pur (ou « new make ») d'un des échantillons de BALBLAIR, et ce à près d’un mètre, entre autres tests, ce qui m’a un peu rassuré.
LES WHISKIES DEGUSTES ce soir là:
(Tous des SINGLE-MALTS officiels)
Voici les whiskies dans l’ordre de leur dégustation, après une brève présentation de chaque distillerie :
Distillerie OLD PULTENEY :
Cette célèbre distillerie fût fondée en 1826 par James HENDERSON, dans la ville portuaire de Wick, dans les Highlands du Nord, et doit son nom à un particulier qui n’est pas professionnel du whisky, Sir William Johnstone PULTENEY, ce qui est plutôt rare pour une distillerie. C’est, si l’on excepte les distilleries des îles Orcades (Orkney Islands) et les îles Shetlands, la distillerie la plus septentrionale d’Ecosse. En tout cas elle l’était jusqu’en 2013, date ou la distillerie WOLFBURN fut créée dans la ville de Thurso, à environ 30 km au Nord-Ouest de Wick. La distillerie a vu son destin lié celui des pêcheurs de harengs, le personnel de la distillerie étant à l’origine principalement constitué de pêcheurs : Wick était le principal port d’Europe pour la pêche aux harengs), comme à la distillerie CLYNELISH par exemple. La particularité principale de la distillerie est l’absence de col de cygne de son alambic de wash, dont la forme est tronquée par rapport à celle des alambics habituels, c'est-à-dire qu’un autre tuyau repart perpendiculairement au premier (la légende raconte qu’ayant commencé à installer l’alambic, le directeur s’aperçut alors qu’il était trop grand pour la salle des alambics et décida alors de couper son sommet et faire une dérivation horizontale). La distillerie a connu de nombreux propriétaires, dont Hiram Walker & sons, en 1958, Allied Breweries (futur Allied Domecq) en 1961, puis c’est au tour en 1995 du groupe écossais INVERHOUSE Distillers (qui possède également les distilleries écossaises KNOCKDHU, BALBLAIR, BALMENACH, SPEYBURN), qui est lui-même depuis 2006 la propriété du groupe international Thaï Beverages plc. La distillerie a été surnommée la Manzanilla du Nord, allusion à l’usage de Sherry Fino et au style salé, un peu acide du distillat d’OLD PULTENEY. La forme de la bouteille a été conçue pour rappeler celle de l’alambic, notamment avec la partie sphérique vers la base de celui-ci, assez caractéristique. Une grande partie de la production (qui est d’un 1 million à 1,8 million de litres par an, mais il en reste peu pour les single-malts) alimente les nombreux blended whiskies du groupe qui ne sont pas ou peu disponibles en France, comme HANKEY BANNISTER, par exemple, mais aussi le blended whisky BALLANTINE’S du groupe Pernod-Ricard.
Pour en savoir plus, voir la fiche distillerie sur le site: Old Pulteney Distillery: Presentation
1/ OLD PULTENEY « Flotilla 2004 », mis en bouteille en 2014 (Edition limitée pour la France, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :
Cette version remplace la version de millésime « 2000 » que je n’ai pas encore chroniquée sur le site. Il s’agit toujours d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla » est une allusion à une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte », mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque année en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest » de l’année 2012 ou fut lancée la première version « Flotilla 2000 ».
De couleur or très clair, cette version plutôt légère est peu expressive au nez, hormis des notes herbacées, citriques, des notes d’agrumes frais, assez caractéristiques. Peu de notes marines à ce stade. En bouche, l’on retrouve ce profil, un peu acide, sur les agrumes, les herbes sauvages, du miel, peut être un peu d’embruns, des épices douces, et de la sécheresse, ce sur un fond vanillé. Un peu plus aimable avec quelques gouttes d’eau, mais point trop n’en faut. Ce whisky manque un peu de corps. Conclusion : Un single malt apéritif pas mauvais, mais pas passionnant, et sur un profil qui m’intéresse peu (si j’ose une comparaison, il me rappelle un CLYNELISH restreint, ou autrement dit un chat sans ses griffes). Le profil des nouveaux AUTMORE officiels (pour les 12 et 18 ans en tout cas) n’est pas très éloigné de celui-ci, mais avec bien plus de punch. P.V.C./MdW (prix de vente conseillé, chez les cavistes dépositaires des produits La M.D.W.) : Autour de 55 € -Note sous réserve estimée à : 79 à 82/100

2/ OLD PULTENEY « Flotilla 2005 », mis en bouteille en 2015 (Edition limitée pour la France de 12000 bouteilles, en collaboration avec La Maison du Whisky), 46 % :
Cette version remplace la version de millésime « 2000 » que je n’ai pas encore chroniquée sur le site. Il s’agit toujours d’une version élevée en fûts ayant contenu du Bourbon. Le terme « Flotilla » est une allusion à une petite flotte de bateaux, clin d’œil au mot français de « flotte », mais aussi aux rassemblements festifs de vieux bateaux qui ont lieu chaque année en Normandie et en Bretagne, et en particulier aux « Tonnerres de Brest » de l’année 2012 ou fut lancée la première version « Flotilla 2000 ».
De couleur or clair (moins que la version 2004), cette version relativement légère est assez agréable au nez. De prime abord, le profil aromatique semble similaire au 2004, avec son cortège d’agrumes, de miel, d’épices et de vanille, mais il y a quelque chose d’autre semble t’il. En bouche, l’on retrouve ce profil, sur les agrumes, les herbes sauvages, les épices, quelques discrets éléments marins, la vanille en arrière-plan, ce côté sec, mais il y a quelque chose d’autre : Les esters provenant des fûts de Bourbon s’expriment davantage (notes de bonbon anglais, de fruits exotiques), et de belles notes de fruits (pommes, surtout) compotés s’y ajoutent, ainsi qu’une touche de caramel au beurre salé, même si l’on n’est certes pas chez ABERLOUR (je pense au 16 ans « Double-Cask Matured », une merveille pour ces notes là). Une plus value certaine. Avec quelques gouttes d’eau (pas trop), l’ensemble devient plus onctueux, avec même de belles touches florales. Conclusion : Un single malt apéritif voire digestif de qualité, sur un profil proche du 2004 mais plus complexe et plus expressif, ce qui le rend de suite plus intéressant. P.V.C./MdW: Autour de 55 € -Note sous réserve estimée à : 89-90/100

3/ OLD PULTENEY 17 ans, mis en bouteille en 2015, 46 % :
Cette version de la gamme régulière est véritablement le fleuron de la marque à mon avis. Elle peut être irrégulière, parfois, mais elle a été de nombreuses années (et l’est pour cette édition) une des meilleures productions de la distillerie. Sa particularité, est d’être une version certes élevée en fûts ayant contenu du Bourbon, pour 90 %, mais du Bourbon de 2 ème remplissage, mais aussi de 10 % de fûts ayant contenu du Sherry de type Oloroso, et cela se sent. Elle a compris dans le passé, et comprend encore, une part de fûts plus âgés (jusqu’à 21 ans, voire plus), ce qui lui confère une profondeur que n’a pas le 12 ans d’âge (par ailleurs très correct).
De couleur vieil or, il possède un nez très gourmand et riche de notes de fruitées, de fruits frais et mûrs variés (fruits jaunes, dont quantité de pêches, frais et au sirop, mais aussi des abricots secs, des oranges juteuses et de la bergamote confite), mais aussi de notes de fleurs capiteuses (lys, peut être du jasmin), d’épices et d’herbes sauvages. Un nez puissant, dominé par les fruits, très séduisant. En bouche, il est encore plus gourmand, marqué par ce fruité très généreux et massif (même notes qu’au nez, développées), des notes de thé à la bergamote, des épices variées (dont du gingembre), toujours les mêmes fleurs capiteuses et du miel toutes fleurs. Les herbes sèches sont en retrait. Tenue à la dilution : Avec un peu d’eau les notes se fondent encore un peu plus entre elles, et développent un fondu de plus en plus charmeur…Conclusion : Le plus beau OLD PULTENEY officiel abordable, avec le 21 ans, qui est lui sur un registre un peu différent, plus en retrait. Le lot dégusté ce soir là s'est avéré au dessus des deux précédents dégustés. Un dessert à lui tout seul. Chaudement recommandé. D’autres notes de dégustation à venir. P.V.C./MdW: Autour de 95 €, en France (un peu moins cher ailleurs) -Note sous réserve estimée à : 92-94/100

***
Distillerie BALBLAIR :
Cette distillerie fondée en 1790 par James McKeddy, est située dans la charmante ville de Tain, non loin de sa voisine, GLENMORANGIE (qui elle date de 1843), dans les Highlands du Nord. D’une capacité de production quasi-identique à celle d’OLD PULTENEY (1,8 millions de litres d’alcool pur par an), elle sera propriété de la famille Ross pendant longtemps (qui fut amenée à la reconstruire non loin des bâtiments précédents), avant d’être acquise par celui qui en modernisera les installations, à savoir Bertie Cummings, en 1948. Elle sera revendue en 1970 à l’américain Hiram Walker, société qui deviendra elle-même la propriété d’Allied Domecq, puis en 1996 à l’écossais Inver House Distillers, qui deviendra une division du groupe Thaï Beverages Plc en 2006. Equipée d’une cuve de brassage en acier inoxydable, de 6 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics. Le distillat est vieilli dans 8 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses »), abritant plus de 26000 fûts. BALBLAIR est une des 3 distilleries dont le décor (l’extérieur et les chais) a servi comme cadre du film « La Part des Anges » de Ken Loach, en 2012. La gamme régulière comportait auparavant une belle version d’entrée de gamme sans compte d’âge nommée « A creation of the ELEMENTS », un 10 et un 16 ans d’âge, tandis que de belles éditions limitées avec compte d’âge, comme un 33 ans (en 2000) et un 38 ans (en 2004) figurent parmi les plus beaux malts d’Ecosse à mon sens. Sous l’impulsion du nouveau propriétaire, à l’instar de la distillerie The GLENROTHES, les comptes d’âge disparaissent courant 2006 pour voir apparaître, l’année suivante quasi-exclusivement que des éditions millésimées.

Les trois single-malts BALBLAIR en dégustation ce soir là chez Vin et Whisky. Photo © Grégoire Sarafian
4/ BALBLAIR « New Spirit » (distillat pur, non vieilli, 21/09/15), échantillonné au degré naturel de 67,9 % :
Il est rare de pouvoir déguster le distillat pur (en anglais « New Make », ou « New Spirit ») en dehors du cadre d’une visite de distillerie, de salon important, voire de masterclass payante. Ayant dégusté maintenant plus d’une trentaine de distillats, il était d’autant plus intéressant de le déguster pour émettre des comparaisons et tenter de les différencier, ce qui n’est pas toujours aisé. Rappelons que ce type de spiritueux n’a pas le droit à l’appellation « whisky » en Ecosse (et au-delà) car il n’a pas été vieilli au moins 3 ans et un jour.
De couleur transparente, comme il se doit Au nez, il est puissamment expressif, sur des notes d’eau de vie de prune, voire de quetsche, de fleurs capiteuses (violette, lilas), tandis qu’en bouche, d’autres notes s’ajoutent, des notes d’esters (bonbon anglais, fruits exotiques), et, à moins que je ne rêve, des notes de fruits rouges, discrètes mais précises (cerises fraîches), également de pommes rouges et de crème de violette. Avec un peu d’eau le crémeux est renforcé et l’exubérance fruitée et florale se fait sentir de plus belle, mais dans un beau fondu plein de douceur et de sensualité. La finale est très longue. Conclusion : Quasi-phénoménal, le distillat de BALBLAIR dégusté là est simplement un des tous meilleurs jamais dégustés par votre serviteur. Dans le top 5 de ceux dégustés….Bon, évidemment, c’est difficile de donner une note chiffrée à un distillat, aussi je ne le ferais pas, mais je lui décerne dirons nous un prix d’excellence…Hors commerce, sauf peut être à la distillerie, en quantités limitées. Pas de notes chiffrées, mais impression très positive.

Le distillat pur (ou "New Spirit") de BALBLAIR en dégustation ce soir là chez Vin et Whisky. Photo © Grégoire Sarafian
5/ BALBLAIR millésimé « 2003 », mis en bouteille en 2014, n.c.f., réduit à 46 % :
BALBLAIR a choisit depuis plusieurs années de proposer des mises en bouteilles millésimées plutôt que des compte d’âges, dans la plupart des cas, et cela est intéressant, notamment lorsqu’il y a des éditions successives de mêmes millésimes, ce qui permet là encore d’établir des comparaisons.
De couleur or clair, son nez est nettement moins expressif que celui du distillat, c’est normal, le titre alcoolique est aussi bien moindre, mais en attendant c’est un véritable choc, comme si la puissance de ce distillat s’était évanouie dans la nature en l’espace de 11 ans. Le nez est très (trop) léger, sur les agrumes, leur acidité, et les épices qui vont avec ce caractère herbacé que l’on connaît aux BALBLAIR récents. En bouche, l’on a un mélange d’agrumes, d’herbes sauvages, de fleurs, d’épices diverses et de caractère citrique, à peine atténué par un peu d’eau, qui le rend encore plus léger. A éviter…Conclusion : D’un équilibre relatif, sur le fil du rasoir, cette version est légère et vive à la fois, manquant quelque peu de complexité, de toute évidence. Elle est correcte, mais je ne la conseille pas particulièrement. P.V.C./MdW: Autour de 62 € -Note sous réserve estimée à : 82/100

6/ BALBLAIR millésimé « 1999 », mis en bouteille en 2014, n.c.f., réduit à 46 % :
Cette version est un assemblage de fûts de Sherry Oloroso de premier remplissage (« First Fill ») & de fûts de Bourbon de second remplissage.
De couleur vieil or, elle a un nez complexe, à la fois floral, fruité, herbacé, épicé, et marqué par les esters. En bouche, ce BALBLAIR est gourmand et pâtissier (entre mille-feuilles et crème brûlée, avec en sus comme une note de crème anglaise), floral (jasmin, pointe de violette, voire de lys), puis de plus en plus fruité (fruits secs divers, puis orange, pêche et abricots en gelée), avec les herbes et les épices non loin derrière, sur un lit de crème glacée à la vanille. Délicieux ! Avec un peu d’eau, il devient de plus en plus sexy, les notes pâtissières se fondant avec les notes fruitées et florales…Conclusion : Un BALBLAIR de premier ordre, fortement recommandé. P.V.C./MdW: Autour de 100 € -Note sous réserve estimée à : 91 à 92, voire davantage (94 ?)/100

7/ BALBLAIR millésimé « 1988 », mis en bouteille en 2015 (environ 27 ans), SINGLE-CASK (Cask N° 3400 ayant donné 135 bouteilles), n.c.f., 52,1 % :
Il s’agit d’une version entièrement élevée dans un seul fût ayant contenu du Bourbon, mise en bouteille à 52,1 %, mais rien ne dit sur l’étiquette qu’il s’agirait d’un brut de fût, donc il est possible qu’il y ai eu une certaine réduction.
De couleur vieil or, elle a un nez plus fin que le 1999, plus sec également, il est fruité, herbacé, épicé, et comme marqué par le Sherry, pourtant absent. En bouche, ce BALBLAIR est également gourmand, mais sur un profil un peu différent du 1999 : Plus épicé, plus ferme, le palais révèle des notes de fruits mûrs divers et d’herbes sèches, il est élégant et racé. Difficile à ce stade d’en dire plus. Avec un peu d’eau (attention ne pas trop en ajouter, quelques gouttes suffisent), il devient plus souple et plus abordable, avec un beau fondu des différentes notes, mais demeure toujours un peu fuyant. Conclusion : Un bon BALBLAIR, un peu plus exigeant avec le dégustateur, plus difficile à évaluer que le précédent. Il est cependant également recommandé, même si j’ai préféré le précédent. P.V.C./MdW: n.c. (j’ai cru entendre 275 € mais c’est sous réserve)-Note sous réserve estimée à : 89 à 93 ?/100

Un millésime "1988" de BALBLAIR en version single-cask à 52,1 %, du punch en perspective. Photo: © Grégoire Sarafian
***
Distillerie KNOCKDHU (Single-malt ANCNOC) :
Cette distillerie encore peu connue du grand public fût fondée en 1893 par le groupe D.C.L. (Distillers Company Limited), dans la ville de Knock, près de la ville de Huntly (siège du négociant Duncan Taylor, mais aussi de la distillerie GLENDRONACH), dans les Highlands de l’Est, à la limite de la région nommée Speyside. La distillerie est rachetée en 1988 par le groupe U.D.V. (futur Diageo). Elle est équipée d’une cuve de brassage en acier inoxydable de 5 tonnes, de 8 cuves de fermentation en pin d’Oregon, ainsi que de deux alambics à condenseurs pourvus de serpentins (« worm tubs »). Seule une dizaine de distilleries environ les utilisent de nos jours. Le distillat est vieilli dans 1 chai moderne (« rack warehouse ») et 3 chais traditionnels (dits aussi « dunnage warehouses »). Il faudra attendre l’année 1990 pour voir le premier embouteillage en tant que single-malt sous le nom de KNOCKDHU, et 1993 en sous le nom d’ANCNOC. Le 12 ans d’âge actuel fut lancé en 2003, même s’il en a existé longtemps auparavant. La gamme régulière comprend un 12, 16, 18, 22 et de manière moins régulière un 35 ans. A ceux là s’ajoutent des versions millésimées et tourbées. La production est d’environ 1,9 million de litres d’alcool pur par an, et les fûts utilisés sont à grande majorité d’anciens fûts de Bourbon, et pour le reste (environ 15 %) des fûts ayant contenu du Sherry. Le single-malt ANCNOC était autrefois souvent tourbé, il l’est de nouveau depuis 2014 seulement dans plusieurs versions (« CUTTER », « FLAUGHTER », « RUTTER » et « TUSHKAR »), et depuis cette année dans les versions « PEATLANDS » et « RASCAN ».

Les ANCNOC de la dégustation du jour, le "PEATLANDS" et le 12 ans d'âge. Photo: © Grégoire Sarafian
8/ ANCNOC 12 ans, distillerie KNOCKDHU, 2015, 40 % :
Il ne s’agit pas de la dernière version en date, mais de l’avant-dernière, car il y a eu également cette année une version dite « 6.3 », « ISLAY BARLEY », tourbée à 258 p.p.m. et titrant 64 % (à la bouteille transparente cette fois, comme pour le « COMUS », dit « 4.2 »).
De couleur or, à reflets vieil or, son nez est fin, léger, sur un registre bien différent des BALBLAIR, de réglisse, de fruits mûrs (des pommes surtout), mais aussi d’orge maltée, voire de miel d’acacia. Le palais est marqué par les céréales, dont l’orge, mais aussi par les fruits mûrs, une pointe de réglisse, de miel et quelques esters (fruits exotiques) en arrière-plan. Cela demeure assez discret, ANCNOC étant plutôt, dans ces versions jeunes, un malt apéritif. Correct avec un peu d’eau, mais sans révélation particulière (ne pas trop en ajouter, car ce whisky discret est déjà bien réduit). Conclusion : Une jolie version d’introduction à la gamme, assez équilibrée, faisant la part belle à l’orge maltée. P.V.C./MdW : Autour de 50 € -Note sous réserve estimée à : 85/100

9/ ANCNOC « PEATLANDS », sans mention d’âge, distillerie KNOCKDHU, Première Edition, 2015, 46 % :
Il s’agit de la 6 ème version tourbée récente de la distillerie, une version réservée à certains marchés (Europe de l’Ouest & de l’Est, Scandinavie) et limitée à 6600 bouteilles. Elle est tourbée mais de manière très modérée, avec un taux de phénols annoncé à 9 p.p.m. seulement, soit trois fois moins environ que LAPHROAIG ou CAOL ILA, déjà modérément tourbés dans leurs versions courantes. La distillerie précise par ailleurs que le whisky est un assemblage de fûts de chêne américains (ayant contenu du Bourbon) de plus de 10 ans d’âge.
De couleur or clair, son nez est fin, de prime abord léger et légèrement fruité (miel et pommes mûres), puis rapidement submergé d’une belle tourbe bien fine, ornée de touches de réglisse. En bouche, l’on retrouve ce côté fruité modéré et réglissé, de malt un peu vert, élégamment enchâssé dans un cocon de tourbe mi-grasse, mi-sèche rappelant immédiatement certains ARDMORE de négoce. Quelques épices pointent leur nez, mais demeurent sagement dans le rang, dans un ensemble harmonieux. L’orge maltée est ici un peu en retrait par rapport à la version de 12 ans d’âge. Avec un peu d’eau (point trop n’en faut), une certaine suavité se dessine même, et de discrètes notes d’amandes et de caramel naturel apparaissent. Pas mal ! Conclusion : Une belle surprise que ce « PEATLANDS », parfaitement équilibré et susceptible de concurrencer les Islay modérés et les offres écossaises plus « continentales » (comme par exemple ARDMORE et BENRIACH). Plutôt recommandé ! P.V.C./MdW : Autour de 70 € -Note sous réserve estimée à : 90/100




Au stand éphémère (façon cellier) "Golden Promise", l'on pouvait tirer un dram au sort, ici le superbe et puissant rhum CARONI directement tiré du fût, à déguster avec....précaution (il titrait en effet 68 %). Photo: © Grégoire Sarafian


























Fabuleux, ce NIKKA "Coffey grain" brut de fût....Photo: © Grégoire Sarafian
CONCLUSION:
Voilà en gros ce qu'il fallait retenir de ce salon à mon sens, en tout cas concernant les whiskies que j'ai pu déguster, bien entendu. Comme tout le monde, j’ai aussi navigué au gré des disponibilités des stands (autant dire presque mission impossible d’approcher le stand DALMORE à chaque fois que je m’y suis présenté, j’y ai donc renoncé…-Oui, j’étais curieux du nouveau « Quintessence »).
Evidemment que le problème principal demeure le prix des flacons dès lors que l’on quitte les entrées de gamme et âges modestes, comme par exemple celui de l’ AULTMORE 1996 « Sweet white wine finish » (Sauternes), réduit à 50 issu de 2 fûts (3475 & 3478), 131 bouteilles, une cuvée 60 ème anniversaire de la MDW annoncé à 399 €. Attardons nous d’ailleurs un temps dessus…Vous y croyez, vous, au nombre de bouteilles annoncées pour deux fûts d’à peine 20 ans d’âge ? Moi, non, je pense plutôt qu'il y a du y avoir un split du contenu de ces fûts entre/avec un ou plusieurs négociants ou maisons grossistes & distributrices à mon avis. Cela reste une hypothèse, bien sûr…pas une certitude. Quand au prix, il est simplement un peu plus élevé que le …25 ans d’âge.
Chez DALMORE, me répliquera-t’on, pour le même affinage, quasi-même âge & titrage, le prix sera quasiment doublé (895 €), oui, mais, il y a longtemps que cette marque n’est plus accessible au commun des mortels pour les hauts de gamme…question de positionnement marketing vers le luxe (depuis le rachat de 2007 par United Spirits). Heureusement, cette année encore, malgré tout, j’ai dégusté de belles choses à moins de 150 €, voire 80 €.

Le "Whisky de Table", de COMPASS BOX, un blendec malt de 3 ans d'âge, ultime provocation?
L’autre problème évidemment demeure le phénomène désormais bien implanté des n.a.s. (whiskies sans compte d’âge) ET les whiskies axés sur la « wood technology » (la recherche par brûlage intensif des fûts de certains goûts de boisé, vanillé, d'épices tirant le whisky vers le rhum ambré, pour être clair), phénomène similaire à, il y a quelques années, celui de la « parkerisation » dans les vins de Bordeaux et l’obsession de la « micro-oxygénation » qui allait avec (si vous ne me croyez pas, regardez pour ce qui est du vin le documentaire "Mondovino", dont la vision fût un choc pour moi il y a quelques années). D’’ailleurs, clairement, ce sont souvent les mêmes produits qui souffrent à la fois du « n.a.s. non transparent » et de la « wood technology » (même s’il y a de belles exceptions encore cette année).
Cependant il convient ici de rappeler, pour les lecteurs pas encore trop au fait de ce problème, qu’il ne saurait être question de mettre tous les whiskies dans le même sac, même les n.a.s. , comme il m’arrive de le lire ici ou là sur des forums ou blogs ou billets de journalistes pas toujours bien informés. En effet, comment comparer (par exemple) les jeunes Singleton of DUFFTOWN sans compte d’âge (réduit à 40 %, colorés artificiellement, filtrés à froid, assez jeunes, etc…) avec un single malt en édition limitée comme par exemple l’ABERLOUR « A’Bunadh », créé avec une large variété de cuvées ou millésimes à partir de données précises et exigeantes (la majeure de fûts de sherry de premier remplissage, la non filtration à froid, la présence de quelques fûts de plus de 10 ou 15 ans, le titrage élevé, etc…).
C’est tout simplement ridicule, pas comparable…et je peux multiplier les exemples, même si « du bon côté de la force », il n’y a tout de même pas énormément d’exemples de bons n.a.s. en dehors des whiskies des jeunes distilleries (les KILCHOMAN « Sanaig » ou le jeune single malt de WOLFBURN en sont de bons exemples) et des versions n.a.s. historiques (issus du début des années 2000, voire avant-1997 pour l’ « A’Bunadh ») comme l’ABERLOUR A’Bunadh, le LAPHROAIG « Quarter Cask », ou encore l'ISLE OF JURA "Superstition", chez nous (eh, oui !), les ARMORIK et les GLANN AR MOR (souvent en dessous des 6/7 ans d’âge et pourtant si « prêts à déguster ») et même, plus récemment, le CAOL ILA « Moch », un des premiers n.a.s. de l’ère « contemporaine », si j’ose dire, et, à fortiori, forcément, la gamme « Private Edition » de GLENMORANGIE (rarement en dessous de 10/12 ans d’âge).
Pour donner un exemple récent positif, j’ai trouvé que les deux récents SCAPA (« Skiren » et « Glansa »), sans être des chefs d’œuvre pour autant, s’en tirent plus qu’honorablement. Cela laisse un peu d’espoir.
Pour ne pas rester sur une note négative, donc, signalons tout de même que j'ai passé de très bons moments dans ce salon, et que, parmi mes coups cœur de cette année, figurent deux jeunes distilleries commençant par la lettre « W » et ayant eu l’intelligence par leurs méthodes de production, de contourner le problème de leur jeune âge (leurs whiskies ont moins de 5 ans d’âge !), à savoir WOLFBURN, en Ecosse, dans les Highlands du Nord, et WESTLAND, aux Etats-Unis, sur la côte Ouest…Une distillerie que j’ai fini par élire distillerie de l’année 2016 (voir ma note dans le sujet sur mes meilleurs whiskies abordables de 2015/2016 : cliquez ici/ click here

Merci encore à tous et à toutes, lecteurs fidèles du site (que vous soyez professionnels ou amateurs) de votre fidélité et de vos encouragements lors du salon ! Merci également aux professionnels pour leur accueil sur le salon.
***
Pour finir, une dédicace personnelle à des personnes que je n’ai pas pu voir cette année, à savoir, entre autres, bien sûr, Dave Broom (« you’re the best, I miss you ! »), Richard Paterson (qui fêtait ses 50 ans de métier-« Congrats, and please take care of Gregg, now, thanks ! »), ou encore Chris Maybin (« All the best, mate, for your new job ! »).
"WHISKY LIVE PARIS 2014", les 27 et 28 Septembre 2014
(et le 29 Septembre pour les professionnels)
à la Maison de la Mutualité, Paris
(24, Rue Saint-Victor 75005 Paris)
Mise à jour du : 06/09/2020
(corrections sur notamment des informations sur certains whiskies, dont le TALISKER 1955)
Mes excuses pour le retard du à des incidents indépendants de ma volonté...(diverses malveillances, dont des abus d'utilisation de la messagerie du site, attaques allant hélas parfois au delà de celui-ci, comme une tentative de cambriolage de mon domicile, avant cela un vol de portable en marge du salon, bref...un peu de malchance!). Voir l'avertissement dans l'Editorial N°10 à venir (en cours de rédaction). Voici tout de même, mieux vaut tard que jamais, ce compte-rendu ci-dessous...toujours sans langue de bois. Merci de votre fidélité et de votre patience.
Message to the ENGLISH Audience: Sorry but due to several problems, there will be no English summary this year. Apologies. For an approximative translation using « Google Translate » by clicking here below… : Translator link
Toutes photos sauf si précisé sous la photo: © Constantin Sarafian, tous droits réservés.

Le stand Midleton, comme l'an dernier, pourrait sans doute revendiquer la palme du plus beau stand...
Avant-propos:
Voici un compte-rendu résumé du salon, avec lorsque cela a été possible, des notes chiffrées, en attendant des notes plus précises sur certains de ces whiskies (mises à jour à surveiller !). De nombreux stands n'ayant pas pu être visités, il ne s'agit donc pas un reportage exhaustif, mais plutôt d'un survol, avec tout de même près d'une trentaine de notes de dégustation...
IMPRESSIONS GENERALES, EN BREF…(la suite dans la CONCLUSION) :
Le salon s’étant déroulé à peu près comme celui de l’an dernier, je n’évoquerais que brièvement en préambule les conditions et mon opinion sur son organisation: Comme souvent dans ce type de salon, les conditions de dégustation sont parfois difficiles: La climatisation semblait en panne ou en tout cas insuffisante dès le samedi (au point ou j’avais envie de partir au bout de 10 mn le premier jour !), et ce fut assez pénible sur la durée. Par ailleurs du côté organisationnel, il semble qu’il y ait toujours 30 mn de perdues par jour pour l’accès au salon, ce qui peut se comprendre, mais pouvait être critique pour ceux qui s’étaient inscrits à une « Masterclass » dès 14h et n’avaient pas pris l’entrée VIP. Au positif, je tiens à remercier l’organisateur du salon pour les accréditations presse ouvertes aux blogueurs.
De belles dégustations chez les écossais, les japonais autant que chez les Etats-Unis, l'Inde ou l'Irlande…Hélas, pour des raisons indépendantes de ma volonté, un important retard ne m’a pas permis de visiter les stands Français, Néo-zélandais, certains stands Américains (micro-distilleries), de Taïwan, mais aussi ceux de certains Ecossais, aussi qu’ils me pardonnent. J’ai par contre volontairement écarté les autres spiritueux pour ne pas faire de mélanges étant donné le nombre de stands écossais que j’avais prévus de visiter, mais je vous dois de préciser que je savais qu’il y avait de beaux spiritueux à déguster dans leur espace dédié. Pour revenir au whisky, cela a été très inégal, avec un certain tassement de la qualité, chez les officiels comme chez les indépendants, mais il y eut heureusement de bons, voire de très bons moments sur des stands écossais, Américains et Japonais principalement. Il y a aussi eu quelques déceptions sur plusieurs stands, écossais principalement. Et, globalement, au vu du catalogue, le constat d’une montée des prix généralisée tout comme le sont désormais les mises en bouteille sans compte d’âge (ou « n.a.s. »). Ce salon ne fait pas exception, c’est la tendance actuelle du marché.
UNE ANNEE PARTICULIERE POUR VOTRE SERVITEUR :
Deux jours avant le début du salon, j’ai soudainement réalisé que j’allais assister à mon 10 ème Whisky Live Paris ! Mais aussi célébrer la première année de mon site, ou encore mon 60 ème assemblage maison, au passage… Il me fallait fêter cela, de préférence en compagnie sympathique. Aussi c’est avec grand plaisir que j’ai proposé à Thomas, un internaute lecteur du site de partager ce moment (qui plus est il était important pour moi qu’il se souvienne de son premier salon…) en dégustant un whisky au « Bar Collectors » du 5 ème étage ou l’on pouvait déguster des whiskies d’exception moyennant des jetons payants, soit entre 5 et 50 € le verre de 2 cl. J’en avais repéré un à l’avance, dans l’excellent article du blog « Les Fleurs du Malt », et je n’ai pas regretté mon choix, et mon compagnon de dégustation du jour, qui m’a fait confiance dans ce choix, non plus :

Oui un grand moment que cette dégustation festive de vieux Talisker avec Thomas, sans aucun doute. Photo : © Grégoire Sarafian,
aidé ici de Salvatore, sauf erreur...merci à lui.
-TALISKER distillé en 1955 et mis en bouteille en 1993 (un 38 ans d’âge) par le négociant Gordon & MacPhail, dans sa gamme « Cask Strength », un assemblage de 3 fûts de Sherry (Casks N° 1310, 1311, 1257), un brut de fût à 53,6 % (ici dans une bouteille de 35 cl). Et ce whisky, me direz-vous ? Je vous répondrais qu’il a quasiment tout écrasé, survolé même, par son aura, sa sérénité, la maîtrise (toujours délicate !) de l’alliance entre Sherry casks et tourbe…D’un fondu remarquable, il s’est avéré presque plus fruité (dont de très belles notes d’orange sanguine) que tourbé, avec une touche de bois précieux, de laurier et de thé…et modérément épicé. Interminable, il a bien supporté deux gouttes d’eau (mais pas plus me conseille Salvatore, de la Maison du Whisky, qui a la lourde tâche de servir ces joyaux, et estime la bouteille à environ 1000 à 1500 €). Inoubliable…Non loin de là, en face de nous, sur l’étagère, un « BLACK BOWMORE », un ARDBEG 1967 « Dark Oloroso », ou encore un HIGHLAND PARK « 1973 » nous font de l’œil, mais il faut rester raisonnable…
La note du TALISKER ? C’est simple…98/100 & Hors Catégorie…Chef d’œuvre !

Les mots nous manquèrent pour décrire ce Talisker à l'ancienne, conditionné ici en bouteille de 35 cl !
Autant dire que nous avons eu de la chance... Photo © Grégoire Sarafian
POST SCRIPTUM AMICAL /A FRIENDLY POST-SCRIPTUM:
Plus tard, hors salon, autour d’une bière, en toute simplicité, deux personnalités du monde du whisky, célèbres et chères à mon cœur de passionné (disons juste que l'un d'entre eux est originaire des Etats-Unis, mais travaille à Londres, et que l'autre a un superbe accent écossais de Glasgow, que sa barbe brune n'empêche pas d'exprimer, quand il ne joue pas du stylo...), entre autres personnes présentes ce jour là, me fêtèrent également mon 10 ème salon, mais laissons cela dans le domaine du privé…pour une fois....(donc pas de photo, désolé, mais j'en garde une trace écrite). Elles se reconnaîtront ! Je voulais juste qu’elles soient encore remerciées ici.
ENGLISH : Later on, after the show, we gathered together in a bar nearby, also followed with several other people from the whisky & other spirits industry, had a glass of beer or two to celebrate my 10th Whisky Live Paris ! I have to say I enjoyed this moment, full of cool anecdotes from both...I wanted to let this into the private domain (so sorry, no picture, even if me, I'm keeping a wee written souvenir of this moment) but all I can is that one of them is born in the United-States but works in London, while the other has an awesome Glaswegan accent, that one can hear despite his beard, when he's not rather writing than talking...). I wanted to pay tribute to them here, in a special mysterious mode, and thank them again as good friends I feel they are, even if I don't see them often. They will for sure recognize themselves.
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*LES WHISKIES JAPONAIS :
Pour fêter son 80 ème Anniversaire, la société Nikka Whisky Distilling co., qui appartient à la brasserie Asahi, avait aménagé, en plus de son stand au 3 ème étage de la Maison de la Mutualité, un bar éphémère nommé « NIKKA TAKETSURU MUSEUM », dans le cadre des « Espaces Expériences » et situé au 5 ème étage. Elle y présentait 3 nouvelles versions (en réalité 4 avec le « non age » Taketsuru) de son « Pure Malt » nommé « Taketsuru » en hommage à son fondateur Masataka Taketsuru, 3 éditions limitées du 21 ans d’âge, mais aussi une eau-de-vie de pommes au brandy nommée « Apple Brandy Rita » âgée de 30 ans, édition anniversaire également, cette fois dédiée à « Rita » (alias Jessica Roberta Cowan, une écossaise), femme du fondateur de la société Nikka. Ma brève rencontre avec Tadashi Sakuma, « Chief-Blender » de NIKKA, dans cet espace dédié, au milieu de la foule, a été un des moments forts de ce salon. Pas eu le temps de l’interviewer, en revanche.

Beaucoup de nouveautés prestigieuses pour cet anniversaire, et enfin un peu de fraîcheur dans une pièce !
Photo: © Constantin Sarafian
-NIKKA 21 ans "Taketsuru" 80 th Anniversary, bottled in 2014, "Madeira Finish", 46 % (Blended-Malt): Equilibrée et gracieuse, cette édition m’a paru magnifique, à la fois fruitée, végétale, délicatement boisée et tourbée, devenant à la longue (aération) un peu plus dominée par la composante YOICHI de l’assemblage. J’ai eu la chance de la déguster à nouveau au calme, d’où ma note confirmée: 95/100. Notes de dégustation complètes à venir. Le prix, par contre est élevé: 275 €, soit presque deux fois celui de l’édition classique du 21 ans d’âge.
-NIKKA 21 ans "Taketsuru" 80 th Anniversary, bottled in 2014, "Port Finish", 46 % (Blended-Malt): De qualité, cette édition m’a paru assez différente tant du 21 ans classique que de l’édition « Madeira finish ». Superbement assemblée, elle penche cependant vers une certaine vinosité qui ne la rend pas parfaite sur le plan de l’équilibre. C’est aussi une tendance que je ne trouve pas forcément pertinente ou agréable suivant le cas, ici en partie intéressante seulement, mais c’est personnel. Note estimée à 91,5/100. Version réservée au marché japonais (± 139 €).
-NIKKA 21 ans "Taketsuru" 80 th Anniversary, bottled in 2014, "Non-chill filtered », 48 % (Blended-Malt): Une version elle aussi assez un peu différente de l’édition régulière du 21 ans, mais remarquablement faite, d’une grande finesse et très équilibrée. C’est celle que j’ai préférée après la « Madeira finish », même si j’aurais aimé une version brut de fût, par exemple. Ceci dit, étant donné le prix de celle-ci (250 €), elle aurait sans doute été encore plus chère. Note estimée à 92,5/100
-NIKKA «Taketsuru », version "Non Age", 40 %: J’ai pu également déguster brièvement la version. Elle semble assez réussie, équilibrée. Elle était proposée principalement en « highball » (allongée d’eau et de glace, à la mode japonaise « mizuwari »), mais j’ai pu la déguster pure. j’y reviendrais certainement. Pas encore de note chiffrée. Le mauvais point, son prix supérieur à celui du 12 ans d’âge…(env. 45 €). Pour le moment. Désolé, mais c’est une litanie que je vais hélas devoir répéter plusieurs fois dans ce compte-rendu…l’augmentation des prix.

Controversée, cette version a tout de même suscité l'enthousiasme de votre serviteur, qui assume: Oui, ce fut pour moi un des 5 plus beaux drams du salon (si l'on ne compte pas ceux du "Bar Collectors"). Photo : © Grégoire Sarafian, aidé de Thomas pour celle-ci, entre autres, merci encore l'ami !
-NIKKA « Apple Brandy RITA », 30 ans, 80 th Anniversary, bottled in 2014, 43 % : Cette eau-de-vie de pomme en hommage à la femme du fondateur de Nikka, surnommée « Rita », m’a paru à mi-chemin entre un Calvados et un Cognac, d’une belle légèreté, marquée par des notes de solvant comme de pommes cuites. Un peu étrange, dans ce contexte, mais cela fonctionne. Note estimée à 88/100, même si ce n’est pas trop ma tasse de thé. Prix: env. 259 €
Par ailleurs NIKKA a également vu les choses en grand pour cet anniversaire avec une version de 3 litres de son blended-whisky « From the Barrel »….à consommer avec modération tout de même !

NIKKA a vu les choses en grand avec ce flacon de 3 litres du "From the Barrel", son blend le plus vendu en France...
Quelques autres WHISKIES JAPONAIS présentés et/ou dégustés dans le cadre du salon:
-NIKKA "Coffey Malt" (2003-2014), Single-Cask N°130591 (220 bouteilles), à 58 % (Single-malted Grain) : Une édition absolument magnifique, très gourmande, pâtissière, vanillée, fruitée (pêche, abricots, fruits exotiques variés), lactée, chocolatée (chocolat blanc et au lait), monstrueusement bonne! Clairement un de mes grands coups de cœur du salon. Note estimée à 96/100. Prix: 152 €

-YOICHI (1991-2014), Single-Cask N°129459 (Virgin Oak Cask, 423 bouteilles), 62 % (Single-Malt): Une édition un peu moins tourbée que l’an dernier mais remarquable également, très fine, avec un beau profil mi-végétal, mi-boisé, un peu épicé, un rien floral et fruité, le tout sur un fond de tourbe crémeuse. Un peu comme le splendide millésime « 1988 » de l’an dernier, mais de manière moins spectaculaire, certes, la fumée épouse étroitement les autres notes. Un excellent YOICHI. Note estimée à 93,5/100 (en dégustation uniquement à l’Espace VIP). Le seul problème, c'est qu'il est âgé de 2 ans de moins que le 1988, vendu 185 € l’an dernier, tandis que celui-ci, un an après, est annoncé à 325 € !!! Cherchez l’erreur…YOICHi est devenue une distillerie sur laquelle on spécule, ce que je craignais déjà depuis l'an dernier.

Un "cru" presque aussi beau que le millésime "1988" de l'an dernier, avec une belle tourbe...
Il y avait également un MIYAGIKYO (1996-2014), « Light Peat Cask », Single-Cask N°66535 (Remade Hogshead, 293 bouteilles), 62 % (Single-Malt). Non dégusté, aussi je ne peux en dire plus. Prix non communiqué. Le NIKKA 40 ans (Blended-whisky), 900 bouteilles (dont 200 pour l’Europe, chacune vendue 3600 € en France !), 43 %, était lui présenté lors de la masterclass NIKKA présentée par Dave Broom et Tadashi SAKUMA, ce dernier étant le « chief-blender » (maître-assembleur) de NIKKA depuis 2012. Fait notable, ce 40 ans contient aussi les whiskies les plus âgés des 2 distilleries du groupe, comme par exemple des fûts datant de 1945 pour la distillerie YOICHI, et de 1969 pour MIYAGIKYO (soit de l’année de sa création). Ces whiskies n’ont hélas pas pu être dégustés.
Vous trouverez également bientôt sur le site des notes de dégustation d’autres références, chez le concurrent NIKKA, notamment, les récentes nouvelles éditions 70 cl du NIKKA « Coffey Grain » et du NIKKA « Coffey Malt » (celles réduites à 45 %) que je recommande également. Je n’ai pu déguster l’édition non réduite du « Coffey Grain », en revanche…
Je ne reviens pas sur les nouvelles références permanentes de SUNTORY (les 2 « Distiller’s Reserve », des distilleries HAKUSHU & YAMAZAKI), déjà dégustées à plusieurs reprises au cours de l’année écoulée, vous pourrez trouvez les notes de dégustation dans l’EDITORIAL N°7, via la page d’accueil. Pour résumer tout de même, disons que j'ai préféré l'authenticité et la pureté du HAKUSHU "Distiller's Reserve", 43 % (noté 90/100), un single-malt léger mais très subtil, au caractère plus "calculé" et rond (pour ne pas dire commercial) du YAMAZAKI "Distiller's Reserve", 43 % (79/100), qui lorgne du côté d'un bonbon qui serait...un peu vineux (affinage vin rouge oblige). J’ai en revanche re-dégusté juste pour le plaisir le HAKUSHU 18 ans d’âge, et il est toujours aussi enchanteur (93,5/100). Les notes de dégustation de ces whiskies comme des blends "HIBIKI" de 12, 17, 21 ans sont d'ores et déjà déjà sur le site.

Valeur sûre récemment re-dégustée, elle impressionne par sa minéralité, son équilibre, sa fine tourbe; quelle classe !
-YAMAZAKI n.a.s. « MIZUNARA » (Cask Collection), Edition 2013, 48 % (Single-Malt): A Noter: L'édition 2014 (1600 bouteilles seulement) sera réservée au marché japonais. Dégusté dans de meilleures conditions que précédemment, il m’a paru cette fois remarquable d’équilibre et de finesse, avec une belle expressivité du bois, assez complexe et étroitement lié à des notes de vanille, d’orge maltée et d’épices douces (orientales). Note estimée à 91,5+/100. Par contre le prix frise toujours les 300 €, voire plus, ce qui est assez dissuasif !

Ce salon était également l’occasion pour les sociétés « Ichiro’s Malt » (propriétaire de la distillerie CHICHIBU et du stock de fûts de la défunte distillerie HANYU) et Number One Drinks (qui n’a plus de stand dédié) de présenter des single-malts rares et au caractère hautement spéculatif. La série très recherchée de cartes à jouer du single-malt HANYU était en partie reconstituée et partiellement présentée, voire proposée à la dégustation dans le cadre du Bar Collectors, tandis que d’autres étaient proposées à l’espace VIP, comme celui dont je parle ci-dessous. Fait prévisible, les KARUIZAWA étaient très peu disponibles à la dégustation, ou vite épuisés, mais firent l’objet d’une masterclass menée par les écrivains du whisky Dave Broom et Serge Valentin. Là encore, pour tout un tas de raisons, dont le ras-le-bol de la furie spéculative, je n’ai pu déguster ces whiskies…
-HANYU "The Joker" (Multi-Vintage: 1985-2000, 14 fûts de différents types, Botted 2014), 57,7 % (Single-Malt) :-Très bien fait, assez complexe, fruité, modérément boisé, je l’ai trouvé d’une grande finesse. Ayant été assemblé à partir de plusieurs types de fûts (Bourbon, Butt, Puncheon, Hogshead, Cognac, Chidibaru, Madère), il semble que son caractère habituellement fortement épicé et herbacé se soit quelque peu émoussé, au profit de plus de douceur et de fondu, avec un boisé « raisonnable » mais dominant quelque peu. Par contre, par rapport au prix, no comment....Sans parler de l'étiquette, au dessin d'une certaine pauvreté. Ce whisky méritait mieux...P.v.c.: 279 €. Note estimée à 90,5/100.

Quand Ichiro AKUTO joue à Richard PATERSON (cf maturations multiples), il s'en sort plutôt bien... Photo © Constantin Sarafian
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Quelques WHISKEYS des ETATS-UNIS présentés et/ou dégustés dans le cadre du salon:
-ELIJAH CRAIG (Heaven Hill distillery) 12 ans, "Barrel Proof", 67,4 % (Straight Bourbon whiskey): Un brut de fût spectaculaire, proche de celui de l’an dernier, fabuleusement gourmand et précis à la fois. Très fruité, très boisé, presque floral (fleurs capiteuses), miellé, pâtissier (pudding de Noël, dattes, chocolat noir et au lait, figues & raisins secs), il est équilibré et même charmeur avec de l’eau, s’ouvrant en corolle sur un fruité varié (notes de prune, même) et un boisé chocolaté voluptueux (bois d’érable, toblerone). Incroyable ! (proposé à la dégustation uniquement à l'espace "VIP"). Prix env. 95 €. Note confirmée: 96/100

Pas mal de "tueries" américaines cette année avec beaucoup d'expressivité en bouche et un nez extraordinaire.
A réserver aux connaisseurs cependant...
-HEAVEN HILL "Larceny", 46 % (Straight Bourbon whiskey-« Very Special Small batch »): Un splendide « Bourbon de blé » à la fois soyeux et gouleyant, incroyablement sexy et gourmand-Prix env. 54 € le litre. Note sous réserve: 92/100

Bien plus facile d'accès, ce flacon (accompagné ici à gauche par un bon whisky de seigle) m'a impressionné.
Un Bourbon assez exubérant et réussi !
-BUFFALO TRACE, 40 % (Straight Bourbon whiskey): Avec du seigle (Rye) comme seconde composante, ce whiskey miellé et marqué par des notes de solvant et de cire est d’un bel équilibre en bouche (Small Batch/Straight Bourbon whiskey). Prix env. 35 €. Note estimée à 86/100
-McAFEE’S BENCHMARK 8 ans (Buffalo Trace distillery), 40 %: Miel, bois et nette dominante de maïs. Sans doute le plus léger de la gamme. (Straight Bourbon whiskey). Prix env. 25 €. Note estimée à 84/100
-EAGLE RARE 10 ans (Buffalo Trace distillery), (Single-Barrel/Straight Bourbon whiskey). 45 % : Boisé, fruité, un peu lacté, modérément épicé, il fait preuve d’un équilibre et d’une grâce remarquables. Prix env. 45 €. Note estimée à: 90,5+/100

Aussi bon contenu que beau contenant, l' "Eagle Rare", aérien et subtil, porte bien son nom...
-STAGG JR "Barrel Proof" (Buffalo Trace distillery) d’environ 9-10 ans d’âge, à 67,20 % (Straight Bourbon whiskey): Très dense, c’est une vraie claque dans la figure de boisé complexe, de fruits mûrs, fruits secs et d’épices variées. Le petit frère du "GEORGE T. STAGG" qui lui est plus âgé (15 ans ou plus). Imparable, dans un registre un peu plus sombre, plus boisé et plus ferme que l’ELIJAH CRAIG. Mais les deux sont de véritables "Bourbon Monsters" ! Prix : n.c. Note estimée à 95/100

Extrême, mené par le bois, mais juste ce qu'il faut, ce mini-STAGG m'a quand même bien convaincu...à réserver aux connaisseurs, celui-là !
-MICHTER'S (distillerie du Kentucky, originellement de Pennsylvanie): Toute la gamme « US 1 » était sur la table, une gamme excellente et très délicate, ce du en partie aux choix de la distillerie, assez particuliers et artisanaux. Je n’y reviens pas longuement, ayant déjà évoqué ses whiskeys sur mon site. Je recommande les « Sour Mash » (Small batch, 43 %) noté 94/100, « Unblended American Whiskey » (Small batch, 41,7 %) noté 95/100, mais aussi les « Straight Bourbon » (Small Batch à 45,7 %) noté 92,5/100 & « Straight Rye » (Single-Barrel à 42,4 %), noté 92/100, tous excellents, et devenant remarquables en version 10 ans d’âge. Mon préféré, le "Straight Rye" 10 ans (Single-Barrel à 46,4 %), incroyablement fruité et complexe, un chef d'oeuvre, noté 97/100. Il y a aussi des whiskeys plus âgés dans la gamme (20, 25 ans, voire 30). Tous les whiskeys de cette distillerie dégustés à ce jour ont donné lieu à des notes situées entre 91 et 97/100. D'autres notes de dégustation à venir (sur sample). A suivre sur le site ...Ces whiskeys ne sont pas en vente pour le moment en France, mais devraient l'être (information de bonne source!) avant la fin de l'année.
Pour en savoir plus : Notes de dégustation/Tasting Notes-Michter's

La très délicate gamme "US-1" de la distillerie MICHTER'S, ou une autre manière de produire américain... Photo : © Constantin Sarafian
-WOODFORD RESERVE « Distiller’s Select », Edition 2014, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Très beau, complexe (érable, fruits rouges, cuir, solvant, miel, épices douces), d’une grande finesse, Magnifique et d’un équilibre parfait. Impressionnant de sérénité/Prix env. 40 €/Note confirmée: 93/100
-WOODFORD RESERVE « Double Oaked », Edition 2014, 43,2 % (Triple-distilled Straight Bourbon whiskey): Un superbe WOODFORD RESERVE, parfois pas loin du déséquilibre, sur le fil du rasoir, mais très bien conçu et ménageant un peu de place pour de belles notes fruitée et pâtissières entre les notes boisées et épicées. Une version un peu moins facile d’accès que le « Distiller’s Select » mais de belle facture. Note confirmée : 91,5/100
-WOODFORD RESERVE « Classic Malt », Edition 2014, 45,2 % (Triple-distilled Single-Malt whisky): Une expérience unique pour une distillerie américaine (d’autres distilleries produisent des single-malt, mais à ma connaissance pas en triple-distillation), et un résultat étrange (notes de têtes de distillation, gentiane, bouillie d’orge et de levure), manifestement immature et peu agréable. Note sous réserve: 73,5/100 (ma moyenne étant de 75/100).

Deux propositions excellentes de la distillerie WOODFORD RESERVE, avec à gauche pour démonstration, une bouteille remplie de
tous les types de céréales qu'utilise la distillerie....
Hélas pas pu voir le stand BLANTON'S, bondé durant tout le salon, ni celui de FOUR ROSES pour tester les nouveaux brut de fût. Jack DANIEL’S non plus, mais j’avoue ce n’était pas pour moi un stand prioritaire. Il y avait également plusieurs stands (que je n’ai pu visiter faute de temps) consacrés à des micro-distilleries ou micro-négociants comme DRY FLY, DAD’S HAT, ou encore RAMSON Spirits…J’aurais l’occasion d’en reparler le cas échéant (si dégustations il y a).
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Les WHISKEYS IRLANDAIS au Salon :
-MIDLETON « Single-Cask » (N° 43233), Vintage 1998 (1st Fill Sherry butt), 59,7 % (Single Pot Still): Nez sublime, un peu moins exubérant en bouche, plus ténu, plus ferme, mais superbe (Prix env. 300 €). Le « Barry Crockett Legacy », 46 %, lui, se porte toujours bien, toujours aussi intéressant et gourmand (Prix env. 199 €). Idem pour le RED BREAST 21 ans de l’an dernier (au prix d’env. 180 €), sans parler du « GREEN SPOT », entre autres références. Note sous réserve: 91/100

Ce nectar irlandais pourtant de qualité en bouche l'est encore plus...au nez !
-CONNEMARA (sauf erreur) et TULLAMORE DEW ne présentant pas de nouveautés cette année, je ne m’y suis pas attardé. J’ai apprécié le « PHOENIX » (nouveauté 2013) de ce dernier.
Mais ma plus belle dégustation de whiskies irlandais eu lieu dans l’Espace VIP, avec 3 magnifiques mises en bouteille de négoce, assez rares:
-« Distilled in IRELAND » 22 ans (1991-2014), Single-Cask (N°10657-« Rum Cask »), emb. The Nectar of the Daily Drams/joint bottling avec la MdW, 46,6 % (Irish Single-Malt): Un superbe single-malt (que l’on suppose provenir de la distillerie BUSHMILLS), très doux et délicat, légèrement épicé et herbacé, crémeux (avec une belle note de pâte d’amandes, mais aussi d’agrumes). Très bien faite, cette version est une belle alternative aux mises en bouteilles officielles titrant souvent 40 %. Prix env. 142 € (Exclus. MdW)-Note estimée à 92/100.
-« Distilled in IRELAND » 24 ans (1989-2014), Single-Cask (N°16262-« Rum Cask »), emb. The Nectar of the Daily Drams/joint bottling avec la MdW, 42,2 % (Irish Single-Malt): Magnifique, ce supposé BUSHMILLS fut un de mes gros coups de cœur du salon, mais aussi celui de… Dave Broom, avec qui j'ai pu dialoguer à plusieurs reprises: Couleur: Or clair, à reflets dorés. Un nez fabuleux, capiteux (fleurs blanches, canne à sucre, fruits blancs et jaunes). Bouche: Fabuleuse, un peu crémeuse, d’un fondu étonnant, florale, puis épicée, puis s’ouvre en corolle sur de belles notes de rhum et enfin sur un mix d’épices douces et de notes typiquement irlandaises de céréales et d’arachides croquantes additionnées d’une pointe de fruits rouges (et le fameux bourgeon de cassis). Très subtil, il fait preuve de beaucoup de charme et d’équilibre. Prix 189 € (Exclus. MdW)-Note confirmée (par un sample): 96/100.
-« Distilled in IRELAND » 26 ans (1987-2014), Single-Cask (N°non précisé-« Rum Cask »), emb. The Nectar of the Daily Drams/joint bottling avec la MdW, 51,6 % (Irish Single-Malt): Un superbe single-malt également (que l’on suppose provenir aussi de la distillerie BUSHMILLS), très abouti, dans un registre un peu différent des deux premiers, plus dense et intense, sur des notes complexes et marquées par les fruits: Abricot, pêche, fruits exotiques dont de l’ananas rôti, mais aussi des pommes rouges (étonnant !), divers fruits rouges, fruits secs & épices diverses-dont du gingembre. Une très belle surprise, que cette série de mises en bouteille anonymes…. Prix env. 315 € (Exclus. MdW)-Note estimée à 94/100.

Le splendide trio irlandais anonyme a volé la vedette a nombre de flacons écossais ce jour là au V.I.P. !
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Les BLENDED-WHISKIES & BLENDED-MALTS ECOSSAIS:
-BALLANTINE'S (Blended-Whisky) présentait son coffret "La Clé de l'assemblage", proposant, une fois n'est pas coutume, de déguster, parallèlement au 17 ans d'âge (70 cl), 3 versions alternatives de celui-ci (en 20 cl chacune) mettant en lumière chacune une distillerie différente parmi celles qui composent le blended-whisky, à savoir GLENBURGIE, MILTONDUFF et GLENTAUCHERS. Une expérience à saluer, même s'il a été difficile, dans ce contexte, de l'apprécier vraiment. Personnellement j’ai préféré le « GLENTAUCHERS Edition » (le plus fruité) aux autres. Les trois éditions spéciales aux noms des distilleries pourront être achetées séparément en flacon de 70 cl. Prix de vente conseillé du coffret 800 €.

4 bouteilles dans ce coffret dont 3 déclinaisons du 17 ans d'âge, demeurant assez proches de l'original malgré tout.
-DEWAR’S 18 ans, 43 % (Blended-Whisky) : Toujours d’un grand raffinement, ce DEWAR’S se porte bien (excellent rapport qualité/prix- env. 60 €) même si le plus beau à mon avis demeure le « SIGNATURE » (non présenté ici) au coût un peu inférieur à 200 €). Le stand proposait également à la dégustation le 12 ans d’âge « SPECIAL RESERVE », un classique avec pas mal de personnalité (pommes, poires & oranges cuites, épices, caramel dur, chocolat noir, raisins secs, boisé fin), vendu entre 30 et 40 €, en grandes surfaces, chez les cavistes/MdW.
-JOHNNIE WALKER (Blended-whisky): Pas de nouveautés, mais le stand présentait deux des blended-whiskies phares de la marque, le récent « DOUBLE-BLACK » n.a.s. (40 %), une version « boostée » du 12 ans d’âge mais sans mention d’âge. Assez réussie, elle est marquée, entre autres, par des notes de boisé très fin, de chocolat noir, de réglisse, de fumée de tourbe, d’agrumes confits, des fruits mûrs…Prix env. 35 €. Note sous réserve : 85/100.
Elle y présentait également (ce n’est pas souvent que le public à l’occasion de le déguster) son célèbre :
-JOHNNIE WALKER « BLUE LABEL » , 40 % en France, parfois 43 % ailleurs*, (Blended-whisky de luxe): Une version essentiellement destinée aux boutiques hors taxe d’aéroport. Complexe, très fondue, constituée de whiskies assez âgés (entre 18 et plus de 30 ans, voire davantage), elle est légèrement fumée et marqué par la réglisse, le caramel et les fruits mûrs. Prix environ 170/200 €-Note estimée à (pour les meilleurs lots) 92,5/100, et 87/100 (pour les moins bons lots testés). Il existe également deux variantes, une en brut de fût et carafe en cristal de Baccarat (« BLUE LABEL ANNIVERSARY » à 60,5 %-et plus de 2600 €), et l’autre qui est nommée « BLUE LABEL : The CASKS EDITION » (1 litre, 55,8 %-env. 400 € désormais). J’ai eu la chance de déguster cette dernière (à défaut de l’autre !) et vous en reparlerait prochainement (pour vous donner une idée, son profil est proche du 15 ans « PURE MALT », mais en version turbo, c'est excellent !) -Note confirmée: 91,5/100.

* = Le JOHNNIE WALKER "Blue Label", ici dans une version à 75 cl et 43 % (US market). Photo : © Grégoire Sarafian
Cela a été également un honneur pour moi de rencontrer Cara Laing, la fille de Fred Laing, venue présenter, aux côtés d’autres ambassadeurs, les whiskies de la maison de négoce Douglas Laing, désormais séparée du frère Stewart qui continue de son côté sous la marque Hunter Laing. Cara Laing nous présentait des blended-malts comme le « BIG PEAT » (disponible en version réduite comme en brut de fût), mais aussi des créations originales (voir ci-dessous) et bien sûr des single-malts (voir plus loin). J'ai pris du temps sur ce stand car l'an dernier je n'avais même pas eu le temps d'y déguster un seul whisky, hormis, hors salon, un single-grain (voir plus loin) :

-« TIMOROUS BEASTIE » n.a.s., emb. Douglas Laing, 46,8 % (Blended-Malt-Highlands): Un conditionnement ludique avec cette tête de souris semblant sortir d’un célèbre film d’animation (j’apprends que c’est là une idée de Cara, qui travaille depuis peu avec son père Fred) pour un joli Blended-malt composé de malt des distilleries BLAIR ATHOL, DALMORE et GLENGOYNE. Bien équilibré, relativement jeune, mais bien équilibré. Il est floral, fruité, bien agréable, sans doute aidé par une majeure de fûts de premier remplissage. Prix env. 56 €. Note estimée à 88/100

–« SCALLYWAG » n.a.s., emb. Douglas Laing, 46 % (Blended-Malt-Speyside): Pendant fruité du « BIG PEAT », cet assemblage jeune (à l’effigie d’un chien qui faisait partie de l’entourage des Laing, mais qui évoque aussi étrangement « Milou » !) composé de malts des distilleries GLENROTHES & MACALLAN, notamment, s’est avéré plutôt bon également, dans un registre plus léger et légèrement vineux. Là encore l'équilibre séduit. Prix env. 55 €. Note estimée à 87/100.
Parmi les « Espaces EXPERIENCES », le salon présentait une tentative de réplique du laboratoire d’assemblage de John Glaser, le directeur de la société COMPASS BOX, situé dans la banlieue de Londres et que j’ai déjà eu la chance de visiter. La société proposait trois nouveautés, en plus des références habituelles :
-GREAT KING STREET « Glasgow », Compass Box, 50 cl, 43 % (Blended-Malt): Cet assemblage composé à 33 % de grain (distillerie CAMERON BRIDGE) et de 67 % de malt (distilleries BENRINNES, CLYNELISH, LAPHROAIG) avec des fûts de Bourbon (1 er et 2 ème remplissages) et de Sherry (1er remplissage), avant d’être remis à marier dans des fûts de chêne français, Plutôt jeune, il se veut en quelque sorte la synthèse des deux versions « Experimental Batch » (un « Sherry », un « Peated ») du GREAT KING STREET présentées l’an dernier. Avec un profil aromatique vraiment très léger (trop pour moi), légèrement marin et modérément tourbé, sur des notes d’agrumes, cette version ne m’a pas paru très aboutie (qui aime bien châtie bien) et curieusement j’ai préféré chacune des 2 versions ayant concouru à composer celle-ci. Prix env. 36 € les 50 cl. Note sous réserve estimée à 78/100.

-« JUVENILES », Compass Box, 2014 Edition, 46 % (Blended-Malt): Un hommage à l’ancienne version du même nom, sortie en 2003 pour le bar à tapas de Paris du même nom, mené par l’écossais Tim Johnston, composée cette fois à grande majorité de CLYNELISH (de 7, 10 et 14 ans) issu de fûts de premier remplissage et d’un peu de GLEN ELGIN de 15 ans d’âge. Marquée par les esters, estivale (verger plein d’agrumes, de pommes et de poires) & exotique (ananas, banane, vanille), c’est une création plutôt réussie, très agréable, même si elle est assez éloignée de l’original (qui était plus boisé et épicé, mais aussi moins fruité). Prix env. 65 €. Note sous réserve estimée à 88,5/100, voire davantage.
-« THE LOST BLEND », Limited Edition (12018 bouteilles), 2014, Compass Box, 70 cl, 46 % (Blended-Malt): Composée à 70 % de CLYNELISH âgés de 16 à 19 ans, et à 30 % d’ALLT-A-BHAINNE (une distillerie du Speyside méconnue fondée en 1975), elle se veut un hommage à l’ancienne édition « ELEUTHERA » des débuts. Couleur: Or clair. Nez: Léger, suave, fondu…Bouche: Aérienne, un peu herbacée & épicée, avec une belle tourbe grasse et de notes joliment citronnées et vanillées au second plan. L’eau ravive un peu les épices avec une jolie note de badiane. Conclusion: Excellente, avec une tourbe belle et fine et un fruité discret mais efficace, j’ai aimé cette version que je recommande, mais je l’ai trouvée par trop prévisible…peut être parce que j’ai dégusté un certain nombre de créations de la maison et que je trouve les éditions « FLAMING HEART » ou encore le « LAST VATTED MALT » supérieures à celle-ci. Mais pour le nouveau venu, l’on peut parler d'une version « de luxe » et avec plus de profondeur par rapport au « PEAT MONSTER », déjà de qualité, et dans ce cadre la recommander chaudement. Prix env. 99 €. Note confirmée (sur sample): 91/100

Le dernier né des créations de John GLASER, dont la recette a été changée au dernier moment. Un bijou de l'agence de design "Stranger and Stranger" qui "habillait" également les bouteilles officielles de la distillerie CRAIGELLACHIE cette année au "Live".
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La célèbre maison pluri-centenaire de négoce en vins et spiritueux BERRY BROS & RUDD était également une des attractions des « Espaces EXPERIENCES », avec une reconstitution « en dur » et en montages photo du 3, St James Street à Londres, que j’ai également eu la chance de visiter en 2007. Le stand incluait également des références d’autres spiritueux que le whisky, comme la liqueur de gingembre, le gin « N°3 », etc… Côté whisky, plusieurs références étaient déjà là l’an dernier, de qualité moyenne, parfois sans grand intérêt, sauf exception, aussi je serais bref, j’en citerais peu:
Jolie reconstitution du siège de BERRY BROS & RUDD à Londres...Photo : © Constantin Sarafian
-BLUE HANGER, 9th Release, Small Batch, 45,6 % (Blended-Malt) : Il était en effet déjà là l’an dernier. Il s'agit d'un assemblage de 5 fûts de type Hogshead (reconstitué): Un CLYNELISH (2 fûts), un GLEN ELGIN, un LINKWOOD et un BUNNABHAIN tourbé. Un bel assemblage, fruité, floral, boisé, légèrement fumé, élégant et très fondu. Prix env. 99 €. Note confirmée : 91/100
-IMPERIAL de millésime « 1991 » (Mis en bouteille en 2014 ?-21 ans ?), Single-Cask (N°100356), gamme « Berry’s Own Selection », 46 % (Single-Malt): Gourmand, miellé, avec de jolies notes d’agrumes et d’orge maltée, pas si loin d’un ARRAN, il m’a paru un peu vif, citrique (comme souvent avec cette distillerie), mais plus équilibré avec un peu d’eau. Prix : 92 €. Note sous réserve : 88,5/100
-LITTLEMILL de millésime « 1990 » (Mis en bouteille en 2013-22 ans), Single-Cask (N°16), gamme « Berry’s Own Selection », 46 % (Single-Malt): Déjà dégusté par ailleurs, il s’est avéré floral (lys, iris) et vanillé, fruité (abricots & oranges confites), discrètement épicé (angélique), très agréable. Prix: 109 €. Note confirmée: 91,5/100
-The GLENROTHES officiel (propriétaire Berry Bros & Rudd), n.a.s. « Sherry Cask Reserve », 43 % (Single-Malt): Cette nouvelle édition régulière (élaborée paraît il uniquement avec des fûts de Sherry de premier remplissage) m’a paru un peu timorée dans ce contexte (chaleur), mais dévoilant quelques belles qualités de texture et de palette, et un côté légèrement vineux qui va bien ici avec le style maison. Prix : 54,50 €, MdW. Note sous réserve : 87,5/100

Deux versions assez différentes, vêtues du nouveau conditionnement extérieur rehaussé de couleurs vives. Photo: © Constantin Sarafian
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Les Autres SINGLE MALTS & les SINGLE-GRAIN ECOSSAIS Dégustés
(par ordre alphabétique):
-ABERFELDY millésimé "1995" (mis en bouteille en 2014), Non chill-filtered, 3 casks (N°2488, 2489, 2491), Refill Sherry Hogshead, emb. Gordon & McPhail, gamme « Cask Srength » series, 55,8 %: Un single-malt un peu vif mais très expressif…Très gourmand, sur les fruits jaunes & oranges (melon, coing, citron, voire nèfles), une note de vanille assez crémeuse et pas mal d’épices. Adoucies par un peu (pas trop) d’eau, cet ABERFELDY de négoce (on en croise pas tous les jours, en plus !) est plutôt convaincant. Recommandé. Prix env. 98 €. Note sous réserve : 92,5/100

-ABERLOUR officiel « A’Bunadh », n.a.s. (= sans compte d’âge), non filtré à froid, non coloré, Batch 47, 60,7 % : Superbe et plutôt équilibré. Un splendide exemple de « Sherry monster » à prix abordable (entre 50 et 70 €) et dont les lots récents semblent d’excellente facture. Difficile à noter dans ce contexte, mais pour mémoire j’avais noté 94/100 le Batch 46 (voir sur le site). Celui-ci m'a semblé à peu près de la même qualité.
J’ai pu également re-déguster un récent batch (lot) du 18 ans d’âge, en version générique (composée de fûts de Bourbon et de Sherry), et l’ai trouvé bien meilleur que les premières versions, dont le profil était auparavant assez fermé. A suivre. Hélas pas de versions spéciales (l'une 100 % Bourbon et l'autre 100 % Sherry) du 18 ans sur le stand le jour ou j'y suis passé (il s'agit d'éditions limitées de l'année 2014). Je conseille par ailleurs toujours le remarquable 12 ans en version non filtrée à froid (« Non-chill filtered »), qui était présent sur le stand, une édition limitée lancée il y a quelques années et toujours constante, ce qui est plutôt bon signe (de pérennité), superbe, crémeuse à souhait. Notes de dégustation plus précises à venir sur le site pour ces deux derniers whiskies…
-ARRAN, pour sa part, présentait plusieurs nouveautés dont le fameux « Devil’s Punching Bowl », Chapter 3 (8 fûts de Sherry, 5 de Bourbon, 8 de chêne français), un « multi-vintage » à 53,4 % et non tourbé cette fois (à 99 €) : Plutôt bien fait, il s’est avéré assez rond et fruité, tirant curieusement vers de légères notes de fruits rouges. Prix env. 100 €. Note sous réserve : 90/100

Par ailleurs, l'ARRAN 17 ans d’âge régulier (à 46 %) m’a paru également meilleur que la précédente édition (90 €). Note sous réserve : 89,5/100
J’ai également apprécié le 12 ans « Cask Strength » (Batch 3, 53,9 %) : Ce lot sembleun peu plus vif que le précédent, mais bien intéressant avec un peu d’eau, avec de belles notes de chêne et d’épices (60 €). Pas de note chiffrée. Notes de dégustation à venir (concernant le Batch 2, par contre).
A noter, la 2 ème édition du « Orkney Bere Barley » (élaborée avec une très ancienne variété d’orge provenant qui plus est des îles Orcades, ce qui est rare), titrant cette fois 56,2 % (Cask Strength), absente finalement du salon, sortira d’ici un mois environ (78 €, MdW).

Outre la 3 ème édition de la "vedette" qu'est "The Devil's Punching Ball", ARRAN présentait aussi les nouveaux conditionnements ou "packaging"de ses bouteilles, arborant des tons pastels...
-The BALVENIE officiel "Tun 1509" (42 fûts, dont 34 ayant contenu du Bourbon, 7 du Sherry), 47,1 % : Un nouvel assemblage encore réalisé par David Stewart, et qui remplace le « Tun 1401 », à partir d’une quantité de fûts plus importante et destinée à tous les marchés à la fois (contrairement aux différents batches du « Tun 1401 », qui devenait apparemment compliqué et coûteux à gérer selon la distillerie). Plutôt bien fait, sur une base plus douce et un peu moins expressive que les « Tun 1401 », c’est un bel assemblage et il ne faut pas bouder notre plaisir. Cependant, le prix de cette nouvelle version s’aligne sur le marché (inflation importante en un an !) et il vous faudra débourser désormais 318 € au lieu de 215 € l’an dernier, ce qui fait un peu plus de 50 % d’augmentation, le consommateur appréciera. J’y reviendrais côté dégustation, aussi ne prenez pas ma note chiffrée (90/100) trop au sérieux, elle est à confirmer…

La distillerie The BALVENIE présentait également deux versions embouteillées en 2014 et issues de fûts différents de 50 ans d’âge mais du même millésime « 1963 » (le fût 4570 à 49,4 % donnant 128 bouteilles et le fût 4579 à 45,4 % donnant 131 bouteilles) sélectionnés par David Stewart, mais que je n’ai pu hélas déguster. Le prix d’une seule de ces bouteilles ? Comptez « juste » 30250 € pour obtenir l’une des seules 4 bouteilles réservées au marché français.

-BOWMORE officiels : La distillerie n’a finalement pas pu présenter au salon la nouvelle version du 23 ans d’âge « Port Cask Matured » au salon, mais en revanche présentait comme nouveautés le nouveau lot (Batch 5) du 10 ans d’âge « Tempest » à 55,9 % (vieilli en fûts de Bourbon de premier remplissage). Légèrement tourbée, cette version un peu plus marine que les précédentes, avec quelques esters, mais, contexte de salon peut être, j’ai trouvé cette version de qualité, mais moins bien équilibrée que les précédentes. Prix env. 83 €. Note estimée à 87/100.
La distillerie présentait également le nouveau lot (Batch 4) du 15 ans d’âge en version « Laimrig », à 51,9 % (affiné en fûts de Sherry). Marqué par le Sherry, plutôt ferme, sur les fruits mûrs, avec un peu d’amertume, son profil est toujours difficile à saisir de version en version et un peu frustrante. Prix env. 99 €. Note sous réserve : 84/100

Moins brillant que l'an dernier, clairement, le stand BOWMORE officiel. Photo: © Constantin Sarafian
-BOWMORE de négoce, avec deux versions dégustées au salon VIP :
L’une de chez Signatory Vintage, gamme « Cask Strength Collection », un 12 ans d’âge (2001-2014), Single-Cask (N° 1368), un Refill Sherry ayant donné 595 bouteilles, titrant 57,9 %. Quelque peu agressive, comme souvent chez ce négociant (encore que l’édition pour le 10 ème anniversaire du salon fut vraiment splendide, supérieure à celle-ci), elle dévoile sous une avalanche d’épices un peu de badiane, d’agrumes et de fleurs, mais aussi pas mal d’astringence boisée, même avec un peu de dilution. Cependant un BOWMORE qui se tient. Prix : 125 € (Exclusivité MdW). Note sous réserve : 87 ?/100
L’autre BOWMORE de négoce dégusté fut une mise en bouteille de Speciality Drinks Ltd (la société de négoce de The Whisky Exchange, un peu l’équivalent de La Maison du Whisky à Londres) dans sa fameuse gamme « Elements of Islay » (lettres code au lieu du nom de la distillerie et flacon façon « hôpital » de 50 cl), ici le « Bw 4 », soit le quatrième embouteillage d’un BOWMORE pour cette enseigne, titrant 51,6 %. Floral, très fondu, il a été difficile à apprécier dans un tel contexte, mais semblait intéressant (floral, végétal, modérément tourbé). Style très fondu diamétralement opposé au précédent. Prix env. 90 €. Note sous réserve : 86 à davantage/100.
-BRAEVAL 12 ans (première édition 2014), emb. Douglas Laing/gamme « Single Minded » (nouvelle gamme), Small Batch (2 Sherry casks), 41,5 % : BRAEVAL est une distillerie que j’affectionne particulièrement pour la fraîcheur florale & fruitée de son profil aromatique, lorsqu’il est respecté, et c’est le cas ici. Fin, floral, fruité, délicat (même si le titrage est limite trop faible), il exprime ce mélange de poire, d’orge maltée, d’amandes, de fleurs presque capiteuses et de crème anglaise. Un délicieux apéritif. Prix env. 55 €. Note sous réserve : 88/100
A ma grande surprise, la distillerie BRUICHLADDICH, représentée par l’inénarrable Donald MacKenzie, effectuait son grand retour cette année, après…sauf erreur 5 ans d’absence. Le public s’en est souvenu. Il m’a été quasi impossible d’approcher le stand…(sur un autre salon également !). Outre les whiskies de la marque BRUICHLADDICH, d’autres références produites pour le moment dans les mêmes installations mais portant le nom de distilleries disparues furent présentées comme différentes versions du PORT CHARLOTTE (distillerie ayant existé de 1829 à 1929) ainsi que la toute nouvelle version d’OCTOMORE « Islay Barley » (encore plus tourbée que la présente puisqu’elle affiche désormais 258 p.p.m au compteur -et accessoirement 64 %), mais le connaisseur expérimenté saura qu’une donnée fausse le jeu et atténue considérablement cette avalanche de tourbe, mais souffrez que je traite à part un sujet spécial consacré à la distillerie pour vous en donner le secret, absent à ma connaissance et surprise de toute publication sur la distillerie à ce jour…! -A suivre !). En attendant, j’ai pu déguster tout de même une seule nouveauté (mais d’autres dégustations sont prévues), que je vous présente brièvement ci-dessous :
-PORT CHARLOTTE « Islay Barley » (Heavily Peated-40 p.p.m.), American & European Oak, non chill- filtered, non coloured, 50 % : Entièrement malté à partir d’orge cultivée dans 6 différents fermes de l’île, ce single-malt, il est encore plus délicat que le récent 10 ans d’âge réduit (excellent) ou encore le « Scottish Barley » (dont votre serviteur est assez friand !), dévoile de subtiles notes d’orge, de tourbe grasse et de fleurs. Prix env. 60 €. Note à venir (certainement supérieure à 87-88/100).

-CARDHU officiel « Gold Reserve », n.a.s., Edition 2014 (la première), 40 % : Boudée par de nombreux « connaisseurs », CARDHU élabore pourtant à mon sens un beau distillat, assez fruité, plutôt mis en valeur par les versions dite « Special Cask Reserve » (malgré leur trop faible titrage). Si je n’avais pas été convaincu par la version dite « Amber Rock », je trouve celle-ci plus intéressante, respectant davantage le style de la distillerie (élégamment fruité, mais sans excès d’esters), délicatement florale et fruitée, certes un peu timide (43 % aurait été mieux) et assez légère, mais non dénuée de charme. Prix n.c./Note sous réserve : 87/100
La distillerie CRAIGELLACHIE (fondée en 1891, mais entièrement reconstruite en 1965) est située dans le Speyside. Elle est peu connue du public car elle alimente surtout les blended-whiskies de son propriétaire Bacardi, à savoir le DEWAR’S, et les connaisseurs l’apprécient sous la forme de mises en bouteille de négoce, fût par fût (single-cask). Mais récemment, Bacardi a décidé de relancer ses marques de single-malts (les autres sont ABERFELDY, AULTMORE, MAC DUFF et ROYAL BRACKLA) en commençant par celle-ci, et en refusant l’ajout de caramel. Soulignons enfin le joli choix du conditionnement (ou « packaging ») à l’ancienne, qui m’était étrangement familier. Interrogeant récemment John Glaser (de COMPASS BOX) à ce sujet, par rapport au style maison, il m’a confié que mon intuition était fondée, car c’est la même agence de design (« Stranger & Stranger ») qui a conçu les étiquettes des CRAIGELLACHIE et qui travaille pour COMPASS BOX également !
-CRAIGELLACHIE officiel 13 ans, Première Edition (2014), 46 % : Crémeux, floral, fruité, avec au centre l’orge maltée, quelques épices et un rien de vanille, je l’ai trouvée assez intéressante. Prix conseillé : 53 €. Note sous réserve : 89/100
-CRAIGELLACHIE officiel 17 ans, Première Edition (2014), 46 % : Un peu plus alcooleuse au nez, un peu plus herbacée et épicée en bouche, avec toutefois comme lien l’orge (voire même le sucre d’orge), j’ai trouvé cette version plus proche de certaines mises en bouteille de négoce (comme certaines de Berry Bros & Rudd ou Cadenhead). Prix : 95 €. Note sous réserve : 89,5/100
-CRAIGELLACHIE officiel 23 ans, (affinage de 6 mois en fûts de Sherry), Première Edition (2014), 46 % : Une version un peu différente, plus aboutie et profonde, avec une belle touche de fumée à l’arrière-plan qui donne de l’élégance, ainsi qu’une belle note de foin coupé, entre autres choses (épices douces, fleurs capiteuses) et s’achève (surtout avec un peu d’eau) sur une belle pointe de sherry. Prix : n.c. Note sous réserve : 90/100

-DUFFTOWN (The Singleton of) : La marque présentait des éditions récentes sans mention d’âge (chers lecteurs, il va falloir hélas vous habituer à cela !) de son single-malt comme les « Tailfire » ou « Sunray » et des nouveautés comme le « Speycascade » (et il y en existe encore d’autres !) et franchement je n’ai pas réussi vraiment à les différencier ni leur trouver un réel intérêt dans ce contexte, y compris pour le 12 ans d’âge (profil : noisette, miel, bois, fruits confits, caramel pour les trois à peu de différences près entre les uns et les autres). Prix entre 30 et 40 € environ. Notes estimées entre 78 et 82/100.
La distillerie GIRVAN, importante distillerie de grain du groupe William Grant & sons construite en 1963, a créé l’événement en commercialisant pour la première fois de son histoire (sauf erreur ?) en 2013 plusieurs versions de son single-grain, chose rare dans le monde des distilleries de grain. Auparavant, les négociants Berry Bros & Rudd et James McArthur avaient été parmi les premiers à proposer des embouteillages de la distillerie il y a environ 10 ans déjà.
-GIRVAN officiel « Patent Still », n.a.s (8-14 ans), N°4 "APPS", 42 % (Single-grain): Un superbe single-grain élaboré à partir de blé et d’orge maltée, élevé majoritairement en fûts ayant contenu du Bourbon. Miellé et pâtissier (vanille, charlotte aux agrumes et aux pêches), il m’a séduit par son caractère frais, franc, et bien équilibré. Prix : 63 €. Note sous réserve : 86/100, voire davantage. Nul doute que la version brut de fût de ce « N°4 » qui doit sortir d’ici la fin de l’année sera attendue !
-GIRVAN officiel « Patent Still » 25 ans, 42 % (Single-grain): De couleur plus foncée, le profil du 25 ans est bien différent de la jeune version « N°4 ». Davantage porté sur des notes de solvant et de cire, sur le maïs également, il est plus conventionnel et un peu plus fermé que son petit frère….et nettement plus cher ! Prix 372 €. Note sous réserve : 85/100
-GIRVAN officiel « Patent Still » 30 ans, 42 % (Single-grain): Le seul de la gamme à comporter une base de maïs. Légèrement fumé, je l’ai trouvé plus équilibré que le 25 ans, et plus fondu, avec moins de notes de solvant ou de cire. Le bois et les épices sont bien présents, mais sans être dominateurs. Intéressant ! Par contre, il est très cher, davantage que nombre de versions de négoce plus âgées ! Prix n.c. (env. 500 €). Note sous réserve : 88/100
Je n’ai hélas pas pu déguster une autre « vedette » (un Single-malt cette fois) du groupe William Grant’s and Sons dans ce salon, à savoir le KININVIE 23 ans, millésime « 1990 » (bouteille de 35 cl !), embouteillée à 42,6 %. Mais j’y reviendrais certainement…

Inattendue, la nouvelle gamme GIRVAN officielle était la bienvenue car il encore rare de nos jours de voir des mises en bouteille de whiskies de grain. Espérons que cela en entraînera d'autres... Photo: © Constantin Sarafian
-GLENDRONACH officiel (1995-2014) de 19 ans d’âge, Single-cask (N°1563-Oloroso Sherry), 54,2 %: Un joli Oloroso Sherry cask...Gorgé de fruits secs et de fruits rouges & mûrs variés (et de mûres aussi !), il fonctionne plutôt bien, avec une texture presque sirupeuse, assez dense. Un vrai dessert liquide ! Superbe… Prix environ 150 €. Note sous réserve : 91,5/100

-GLENFARCLAS officiel "The Family Casks", millésime "1995" (Bottled 30.06.2010), Single-Cask (N° 6778), (1st Fill?) Sherry Hogshead, 60,1 %: Vineux au nez, ferme, mais aussi fruité. Le Sherry est très présent. En bouche, cela fonctionne, même si de toute évidence le profil est assez vineux, tannique et intensément épicé. Ces notes sont en partie équilibrées par un fruité complexe et gourmand (d'ou ma note chiffrée). Meilleur avec un peu d'eau (pas trop). Prix n.c. (env. 160 £ en Grande-Bretagne). Note sous réserve estimée à 90/100.

-GLENGRANT officiels: « Révision générale » en compagnie de Thomas, notre visiteur rencontré le samedi, pour lui faire découvrir la distillerie, et pour moi l’occasion de revisiter toute la gamme régulière :
Au programme le « Major’s Reserve » (n.a.s.), 40 %, à réserver pour un apéritif léger (sur un profil proche du blend J & B d’antan), puis le 10 ans (que j’apprécie beaucoup personnellement), puis le 16 ans, un peu plus consistant mais encore léger (l’orge parle, la vanille, un fin boisé, un peu d’amandes, mais pas beaucoup plus), puis viennent les deux dernières bouteilles :
-GLENGRANT officiel « Five Decades », mis en bouteille en 2013, 46 % : Un assemblage de fûts de divers âges célébrant les 5 décennies d’expérience en tant que maître-assembleur de Dennis Malcolm (engagé comme tonnelier en 1961 !). Assez fin (difficile à apprécier dans un contexte de salon, j’avouerais), il est marqué par de subtiles notes de sherry, de miel et de vanille. Prix entre 160 et 180 €. Pas de note chiffrée.
-GLENGRANT officiel 25 ans, Edition 2014/Edition limitée (800 bouteilles), 43 %: Un assemblage très fin, avec plus de personnalité (et de part de fûts de sherry) que tous les officiels dégustés jusqu’ici (hormis peut être le subtil « Cellar Reserve 1992 »), une belle note chocolatée, maltée, miellée (miel de bruyère) et de raisins secs, sur un lit délicatement boisé et fumé (manifestement un plus !). J’ai apprécié ce lot de 2014 (Thomas apparemment aussi !), bien plus réussi que celui de 2013 à mon avis. Prix non communiqué, sans doute supérieur à 250 €. Note sous réserve estimée à 89/100, voire davantage.

-GLENGRANT 21 ans (1992-2013), emb. Douglas Laing/gamme « Old Particular », 1st Fill Oloroso Sherry, 51,5 % : Joli nez fruité (fruits rouges, fruits confits variés), chocolats à la liqueur, cuir, boisé fin, assez agréable. Ne pas trop diluer. Prix n.c. Note sous réserve : 89/100.
-GLEN KEITH 21 ans (1992-2014), emb. The Whisky Agency, 50,4 % : Dégusté au salon VIP, il a fait preuve de belles notes de fleurs capiteuses et un rien végétales au nez, tandis qu’en bouche un beau fondu entre ces notes et des notes de fruits mûrs variés et de thé Earl Grey et noir mêlées d’orange confites jouaient les tentatrices. Beau flacon. Prix n.c. Note sous réserve : 88/100

-The GLENLIVET officiel "Nadurra", n.a.s. (sans compte d’âge), Small Batch "Oloroso Matured" Edition (la 1ère, 06/2014, Batch OL 0614), non chill-filtered, Cask Strength, 60,7 %: La nouvelle version du « Nadurra », cette fois sans compte d’âge (oui, je sais….j’ai pas fini de l’écrire !), était présentée en brut de fût. Une version réduite à 48 % existe, elle sera apparemment réservée au créneau des boutiques hors taxe (« travel retail » shops). Nez puissant, dense et fruité, également boisé, et un palais à la fois puissant, suave et gourmand, relativement accessible sans eau, devenant légèrement vineux avec, ravivant les épices, mais toujours avec de splendides notes fruitée variées. Pas mal du tout la finesse de l'ensemble ! Prix env. 60 €, cavistes. Note sous réserve : 92,5/100

Daryl Haldane, ambassadeur de HIGHLAND PARK, dont une interview figure sur ce site, venait présenter lui-même, pour ce retour d’HIGHLAND PARK au salon, le dernier né (voir ci-dessous), avec un dispositif permettant au public de sentir la fumée de tourbe sous une cloche…On n’arrête pas le progrès !

-HIGHLAND PARK officiel « Dark Origins », n.a.s. (sans compte d’âge), Première Edition 2014, « non chill-filtered » (non filtrée à froid), 46,8 %: La nouvelle référence permanente d’HIGHLAND PARK me donne l’impression d’une sorte d’ « EINAR » fumé… (« EINAR » est une version issue de la série des « Warrior » destinée au marché hors taxe). Les saveurs (caramel dur, bois brûlé, épices, soupçon de fumée) sont très fondues, c’est habile, mais cela ressemble à un whisky « technologique » et « économique », masquant sa jeunesse. plus qu'à une brillante création. Finale un peu meilleure (jolies notes de torréfaction). Pris isolément et à l’aveugle, c’est un bon whisky tout de même, mais en tant que nouvel HIGHLAND PARK, il ne vaut pas le tapage marketing et médiatique qui l'a précédé, sans parler de son prix, un peu trop élevé à mon sens. (± 75 €). Note confirmée : 86/100
*Voir la fiche de dégustation complète ici : Tasting Note

-HIGHLAND PARK 21 ans (1991-2012), emb. Douglas Laing, gamme « Director’s Cut », Refill Butt, 53,6 % : Ce n’est pas à proprement parler une nouveauté, mais les occasions de déguster des Highland Park non réduits de plus de 20 ans étant relativement rares, je ne me suis pas fait prier : De couleur or clair, avec un nez léger et sur un tandem floral et fruité pas forcément immédiatement identifiable comme « H.P. », il s’est avéré assez fin en bouche, sur un registre en effet un peu atypique par rapport aux versions officielles, mais aussi meilleur un peu dilué (presque proche d’un Clynelish par son caractère à la fois épicé et herbacé) et assez équilibré. Bon, mais certes pas indispensable, lui non plus. Prix env. 200 € (?). Note sous réserve : 88,5/100

La distillerie KILCHOMAN, la plus jeune distillerie d’Islay (2005) en activité (elle sera détrônée pour ce titre d’ici fin 2014 par GARTBRECK, projet de distillerie d’origine française) présentait plusieurs nouvelles versions tant dans la grande salle du 3 ème étage qu’à l’espace « VIP » ou une version exclusive pour La Maison du Whisky était également proposée:

Une partie de l'offre de cette année, plus un intrus, en avant-dernier, une édition limitée brut de fût du "Machir Bay" (59,2 %),
affiné 4 semaines en fûts de sherry (mais pas testé). Photo: © Constantin Sarafian
-KILCHOMAN officiel (Dist. : 2009-Bottled 2014-Exclusivité La M.d.W.), « Single-Cask Release » (Cask N° 396/2009-"P.X. Finish"), 56 %: Une version élevée 5 ans en fûts de Bourbon, puis affinée 3 mois en fûts de Sherry de type Pedro Ximenez. Peu équilibrée, trop jeune, trop légère, avec un apport de l’affinage insuffisant sur une base déjà peu stable, cette version peine à convaincre et ne rend pas justice à la distillerie. Prix env. +95 €. Note sous-réserve estimée à 77/100.
-KILCHOMAN officiel, "Loch Gorm", n.a.s., 2nd Release (2009-2014), 1st Fill Sherry, 46 %: Une version « Sherry » intéressante, avec un nez légèrement soufré mais assez bon, puis un palais de qualité avec de belles notes de fruits rouges, demeurant discrètes qui viennent s’intégrer au profil marin, légèrement sucré et tourbé du distillat. Prix env. 80 €/ Note sous réservée estimée à : 88/100
-KILCHOMAN officiel, "Machir Bay », n.a.s., Edition 2014, (Bourbon/Sherry), 46 %: Une version réduite de qualité, issue de fûts de 5 et 6 ans d’âge de Bourbon comme de Sherry. Sans compte d’âge pour le moment, elle devient un peu plus mature chaque année par l’apport partiel des fûts les plus âgés possibles. Prix env. 55 à 60 €/ Note sous réserve estimée à : 84/100 (Notes de dégustation complètes à venir).
-KILCHOMAN officiel, "100 % Islay », n.a.s., 4th Edition (2014), Bourbon barrels, 50 %: Cette version utilisant uniquement de l’orge locale, est un assemblage de fûts de Bourbon (32 de de 5 ans d’âge et de 8 de 4 ans). Encore assez jeune, de qualité mais avec des notes un peu gênantes de « new make », elle est un peu moins convaincante. Prix env. 87 €/ Note sous réserve estimée à : 81/100
-KILCHOMAN officiel n.a.s. (Bottled 2014-Edition limitée à 6000 bouteilles), "Port Cask Matured", 55 %: De couleur presque rose, cette version assez parfumée est une réussite. Très fruitée, équilibrée, avec des notes légèrement carnées, elle est tout de même aussi fumée et marine. Bien joué ! Prix env. 96 €. Note sous réserve estimée à 89,5/100
-KILCHOMAN officiel Vintage « 2009 » (Bottled 2014), "Original Cask Strength", 1st Fill Bourbon, 59,2 %: « Now, we are talking! », comme dirait Serge Valentin (j’en profite pour lui envoyer un clin d’œil ici). Une version de « pleine expressivité » (agrumes, embruns et tourbe grasse en tête), probablement la seule aujourd’hui capable de vraiment donner la mesure de la qualité du distillat de cette jeune distillerie. Prix env. 95 €/ Note sous réserve estimée à : 92/100

-LEDAIG 16 ans (1997-2013), emb. Douglas Laing/gamme « Old Particular », Single-Cask, 48,4 %: Un très joli LEDAIG, cendré, citronné, avec une pointe de bacon, d’une belle finesse…Une réussite, qui pourrait bien séduire les amateurs de malts de l’île d’Islay également. Egalement ma bouteille préférée sur ce stand, hormis, bien sûr le sublime PORT DUNDAS, un single-grain de 35 ans. Prix env. 90 €. Note sous réserve estimée à 91/100

La distillerie OLD PULTENEY présentait plusieurs nouveautés, des plus jeunes (ou n.a.s.) aux (presque) plus âgées, même si la version la plus attendue (par moi en tout cas, en plus du 35 ans), à savoir le millésime « 1990 », une édition limitée (2014) alliant tourbe, Bourbon & sherry, y était absente (Prix env. 180 €), mais votre serviteur vous en reparlera tout de même bientôt, grâce à un sample pour lequel il me faut remercier l’ambassadeur Andrea Spinello :
-OLD PULTENEY officiel "Navigator" (n.a.s.-5 à 8 ans d’âge), Bourbon & Sherry casks, 46 %: Modérément fruitée et plus vive (épices, alcool) que les autres nouveautés dégustées cette année, cette version m’a paru intéressante, mais nécessitant peut être d’un peu plus d’équilibre. Prix env. 62 €. Note sous réserve estimée à 84,5/100
-OLD PULTENEY officiel "Clipper" (n.a.s.) Edition 2014, Refill Bourbon (en majorité) & Sherry casks, 46 %: Une belle version (d'un peu plus de 16000 bouteilles), en hommage au bateau sponsorisé par la distillerie qui participe à la course « Clipper Round the World 2013-2014 Yacht Race », une course de longue haleine…Plutôt bien faite, équilibrée, elle est portée par de belles notes d’esters (fruits exotiques, bonbons anglais, bonbons gélifiés acidulés). Je l’ai trouvée plus convaincante que le « Navigator ». Prix env. 73 €. Note sous réserve estimée à 88,5/100

-OLD PULTENEY officiel "Flotilla 2004" (n.a.s.), Edition 2014, Refill Bourbon (en majorité) & Sherry casks, 46 %: Toujours en hommage à un des événements annuels des démonstrations maritimes, cette édition 2014, avec sa belle livrée bleu de cobalt, révèle au nez la présence d’un peu de fûts de sherry. En bouche, d’un profil assez différent des autres versions chroniquées ci-dessus, elle m’a paru manquer d’un peu d’expressivité dans ce contexte. A retester sans doute ? Prix 52 €. Note sous réserve estimée à 83/100
-OLD PULTENEY officiel 35 ans, première édition (2014), assemblage de fûts de Bourbon & de Sherry, non filtré à froid, 42,5 %: Présenté dans un splendide coffret en bois, il a été dur à évaluer dans le cadre du salon, mais il m’a paru assez joli (floral, fruité, un peu boisé, modérément végétal et marin) et plus équilibré que le 30 ans). Prix env. 660 €. Le whisky est présenté dans un coffret bois de toute beauté. Note de dégustation et note chiffrée (sur sample) à venir ! (Note provisoire = 89,5/100). A suivre…

-PORT ASKAIG 15 ans (TWE/The Speciality Drinks Ltd), 2014, 45,8 %: La version de négoce au look le plus « officiel » des versions de négoce de CAOL ILA revient avec une édition au compte d’âge qui frise la perfection. De grande classe, avec un équilibre parfait entre agrumes, embruns, fleurs, badiane et délicate fumée de tourbe, elle est impressionnante de sérénité. Quelle gamme incroyable. Malheureusement, sauf erreur, cette version n’est pas en vente en France. Les 17 et 19 ans (12 ans non encore dégusté) sont également très recommandés. Prix non communiqué. Note sous réserve estimée à 92/100

Au salon VIP, sur la zone consacrée à The Whisky Exchange, deux gammes populaires, "Elements of Islay" et les "Port Askaig".
Photo: © Constantin Sarafian
-PORT DUNDAS 35 ans, emb. Douglas Laing/gamme « Director's Cut », Single-grain, 1978-2013, à 59,2 % (Single-Grain): Ce flacon, déjà présenté l’an dernier, déjà cité, est d’une grande délicatesse, vraiment superbe ! Je n’y reviens pas en détail, sauf pour le recommander chaudement, si vous en trouvez une…(comptez +de 280 €). Note confirmée: 95+/100.

***
Les WHISKIES DU MONDE :
Peu de stands visités cette année, donc il a fallu faire un choix drastique, malgré la présence de stands aussi essentiels dans ce registre que le stand français de la distillerie WARENGHEM, qui présentait notamment une version nommée « Maître de Chai » (un 1st Fill Sherry titrant 47,3 %, exclusivité MdW) de leur single-malt ARMORIK, les néo-zélandais de NEW ZEALAND WHISKY (avec un 25 ans d’âge notamment), la nouvelle coqueluche des médias KAVALAN (distillerie de Taïwan), les indiens de la distillerie PAUL JOHN, ou encore la distillerie galloise PENDERYN…entre autres. A noter, prise par le récent déménagement de sa distillerie et le succès de leur single-malt SULLIVANS COVE, la TASMANIA DISTILLERY était absente cette année, laissant l’étendard australien à la seule distillerie restante, HELLYER’S ROAD.

Un des meilleurs stands de whiskies du monde, et le meilleur stand Français en particulier encore cette année, d'après de nombreux échos.
Photo: © Constantin Sarafian
-AMRUT "Single-Cask" 2009-2013 (P.X. Sherry), Cask N°2697 (348 bouteilles), 56,5 %: Avec un nez presque fermier, épicé, oriental, légèrement vineux et très fruité, il est très concentré en fruits, et ce encore en bouche (mirabelles, fraises et mûres). Notes d’épices orientales. Comme souvent dans ces distillats à vieillissement accéléré en milieu très humide, il est aussi assez astringent et boisé, mais ses qualités l’emportent, me semble t’il. Très concentré sur le fruit, bien fait. Prix env. 96 €. Note confirmée (sur sample) : 93/100
Malheureusement, en revanche, la 2 ème Edition du « Greedy Angels » d’AMRUT n’était pas disponible encore (annoncée à 595 €, tout de même !) et le flacon présenté était rempli d’un contenu factice, quel supplice !

-MACKMYRA "Midnattssol" (différents types de fûts dont du vin de résine de bouleau de Suède), 46,1 %: Wow, voici un bien bel assemblage avec en bouche une impression à la fois de liqueur de fruits rouges allégée en sucres, de vin chaud épicé et de finition avec un vin rouge riche, limite Madiran. Prix env. 76 €. Note sous réserve estimée à 92/100
-MACKMYRA « Svensk Rok », Edition régulière, 2014, 50 cl, 46,1 % : (tourbé), entre autres. Très subtil, modérément mais joliment tourbé, avec quelques notes florales et fruitées, demeurant discrètes, j’aurais l’occasion de le chroniquer prochainement, ainsi qu’une édition limitée…Prix 59 €, MdW. Note provisoire estimée à 91/100
-MACKMYRA « Levandefat » (gamme « Reserve »-Gravity cask), n.a.s. (2008-2013), Bourbon cask, "Bodas Gruvlager" (nom du chai), 0,50 cl, Limited Edition, 48,2 % : J’aurais l’occasion de chroniquer cette édition limitée prochainement (sur sample), alors en attendant, j’en profite pour remercier Lisa Collins pour cela.

CONCLUSION:
Ce salon, au-delà des inévitables soucis logistiques et du défi qu’il représente pour tout palais normalement constitué, est tout de même, encore une fois, pour ceux qui n’ont pas l’occasion d’aller visiter les salons étrangers (et notamment les prestigieux « The Whisky Show » de Londres ou encore « The Whisky Fair » à Limburg, pour ne citer qu’eux), la seule occasion pour le public de voir réunies en France autant de distilleries, de négociants et de personnalités du whisky et des spiritueux et d’avoir accès à autant de nouveautés en même temps, le tout étant d’être raisonnable, organisé et ouvert.

Encore une des rencontres inattendues et passionnantes : A gauche de votre serviteur, Sukhinder Singh, directeur des boutiques The Whisky Exchange de Londres et embouteilleur indépendant, puis Serge Valentin, écrivain français du whisky que l'on ne présente plus...
Cette année a encore été riche en découvertes et rencontres (quoique un « Whisky Live Paris » sans Richard Paterson, absent cette année, ce n’est pas tout à fait pareil !) même si elle m’a paru globalement moins brillante que la précédente, et surtout moins dominée par la toute puissance écossaise, avec des déceptions, des mises en bouteille souvent moyennes (ou recyclées de l’an dernier) et peu de flacons vraiment époustouflants, même à l’Espace VIP.
Un des constats évidents pour moi a été la progression d’autres pays producteurs et notamment des Etats-Unis, avec une qualité élevée tant des distilleries de taille importante (comme BUFFALO TRACE, HEAVEN HILL) que d’autres plus petites ou plus récemment mises (ou remises) en route (comme MICHTERS). Ce sauf exceptions, bien entendu, et sachant que je n’ai pu tout déguster cette année non plus. L’autre pays qui est en train de regagner de l’importance même s’il n’était pas représenté encore à sa juste valeur (d’autre négociants ou distilleries importantes étant absentes de ce salon), c’est l’Irlande, qui m’a ébloui par certaines bouteilles de négoce (chez The Nectar of The Daily Drams, par exemple). Bien entendu, le Japon était encore en force cette année, avec une petite coudée d’avance question nouveautés et propositions pour certains, 80 ème anniversaire du groupe NIKKA oblige ! D’autres distilleries du monde se portaient bien également (AMRUT, MACKMYRA), les autres me pardonneront de ne pas avoir réussi cette année à leur consacrer autant de temps que l’an dernier, il a fallu faire un choix.

Une partie des bouteilles en dégustation payante au Bar Collectors, de quoi faire tourner la tête !
Photo: © Constantin Sarafian
Enfin, parmi les tendances de fond qui se dégagent, clairement, il y en a plusieurs que je vais résumer très brièvement, cela me semble inutile d’aller plus loin dans ce contexte, c’est suffisamment parlant :
1/ Davantage encore de bouteilles sans compte d’âge ET technologiques à la fois, ce qui ne fait pas forcément bon ménage, à mon avis …. (Ecosse)
2/ Des bouteilles de plus en plus chères avec parfois plus de 50 % d’augmentation par rapport à 2013, y compris pour des bouteilles un peu plus jeunes que l’an dernier. Dois-je donner des exemples ? (Ecosse et Japon, notamment)
3/ La baisse de qualité se fait de plus en plus sentir chez les négociants comme chez les officiels (Ecosse)
4/ Un espoir, mince, en plus de celui de voir grandir de jeunes distilleries, celui de voir certains grands groupes lancer (GIRVAN) ou relancer (CRAIGELLACHIE, etc…) des versions officielles de distilleries intéressantes mais délaissées jusqu’ici (Ecosse).
Voilà, c’est tout pour cette fois !